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Affaire des "écoutes": Nicolas Sarkozy sera jugé pour corruption du 5 au 22 octobre

Nicolas Sarkozy - Image d'illustration

Nicolas Sarkozy - Image d'illustration - Pascal Pochard-Casabianca - AFP

Nicolas Sarkozy sera jugé pour le chef de corruption dans l'affaire des écoutes devant le tribunal correctionnel de Paris.

Pour la première fois sous la Vè république, un ancien président de la République va être jugé pour corruption. Le procès de Nicolas Sarkozy dans l'affaire dite des "écoutes" se tiendra quatre après-midi par semaine du 5 au 22 octobre, a décidé mercredi le tribunal correctionnel de Paris.

Le retraité politique - depuis sa défaite à la primaire de la droite fin 2016 - est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir début 2014, par l'entremise de son avocat Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert dans une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l'affaire Bettencourt (soldée pour lui par un non-lieu en 2013) et ce, en échange d'un coup de pouce pour un poste à Monaco.

"Délinquant chevronné"

Les policiers avaient découvert que Nicolas Sarkozy utilisait un portable secret ouvert au moyen d'une carte pré-payée sous l'alias de "Paul Bismuth" pour communiquer avec un unique interlocuteur: son avocat. Les écoutes policières, socle de l'accusation, avaient été validées par la Cour de cassation en mars 2016. Mais elles devraient encore alimenter une âpre bataille à l'ouverture du procès.

La Cour de cassation a rejeté en juin les derniers recours formés par l'ancien chef de l'Etat, son avocat et ami Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat de la Cour de cassation Gilbert Azibert, qui tentaient d'éviter un procès. Au terme de leur instruction, les juges ont ordonné le 26 mars 2018 un procès pour "corruption" et "trafic d'influence" contre les trois hommes, conformément aux réquisitions du Parquet national financier (PNF). Thierry Herzog et Gilbert Azibert seront aussi jugés pour "violation du secret professionnel".

Un deuxième procès à venir

Dans un réquisitoire sévère en octobre 2017, le PNF avait comparé les méthodes de Nicolas Sarkozy à celles d'"un délinquant chevronné" et avait stigmatisé les nombreux recours intentés par ses avocats qui avaient "paralysé" l'instruction. L'ancien président de la République doit également être jugé dans les prochains mois pour "financement illégal" de sa campagne de 2012 dans l'affaire Bygmalion. Les dates de ce second procès ne sont pas encore connues.

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A.L. avec AFP