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Primaire UMP: la Cnil affirme ne pas avoir "validé" le processus

L'UMP était bien avertie sur les failles de son système de vote électronique.

L'UMP était bien avertie sur les failles de son système de vote électronique. - -

La Cnil a affirmé vendredi ne pas avoir "validé" la procédure de vote choisie par la fédération UMP de Paris pour la primaire de Paris.

C'est une petite goutte qui vient s'ajouter à l'océan de marasme qu'est devenue, en l'espace d'une journée, la primaire UMP à Paris.

La Cnil (la Commission nationale de l'informatique et des libertés), a annoncé, vendredi soir, qu'elle n'avait pas "validé" la procédure de vote électronique choisie par la fédération UMP de Paris pour la primaire ouverte devant désigner son candidat à la mairie de Paris.

"Nous avons joué un rôle de conseil, en disant quelles sont les recommandations de la Cnil dès lors qu'il est fait appel à un système de bulletin électronique, et un rôle de contrôle. Mais dire que la Cnil a validé, autorisé le processus, ou qu'il s'agit d'experts agréés, c'est erroné", a déclaré Florence Fourets, directrice des relations et du contrôle de l'institution.

Un internaute malveillant peut faire voter un tiers

"Jamais une élection n'aura été autant sécurisée (...)", expliquait pourtant Philippe Goujon sur BFMTV ce vendredi, ajoutant que la Cnil avait validé "la totalité du système depuis le début des opérations".

Plus tôt dans la journée, plusieurs critiques avaient été soulevées, notamment sur la procédure d'inscription et de vote. Il est par exemple possible (pour un internaute malveillant) de voter à la place d'un tiers (un délit pénalement répréhensible).

Les électeurs qui souhaitent voter doivent fournir leurs nom, adresse postale, et date de naissance, et ces informations sont croisées avec le fichier des électeurs parisiens, mais il n'est pas demandé aux votants de fournir une preuve de leur identité. Une dysfonction qui a poussé l'un des candidats, Pierre-Yves Bournaze, à demander la suspension du scrutin.

L'UMP était au courant des avertissements de la Cnil

La fraude est théoriquement limitée par le fait qu'une même carte bancaire et un même numéro de mobile ne peuvent être utilisés plus de deux fois (pour payer trois euros et recevoir le code permettant de voter).

"Le fait que l'identité des personnes ne soit pas parfaitement vérifiée (...) nous avons indiqué que ce n'était peut-être pas suffisant, même s'il y a un rapprochement avec la liste électorale (...) Nous avons indiqué qu'il y avait un risque de vote par des tiers", a expliqué Florence Fourets. L'UMP était bien avertie, a-t-elle assuré.

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V. G. avec AFP