BFMTV

Primaire UMP: Bruno Le Maire se voit "en première cible d'Alain Juppé"

Bruno Le Maire et Alain Juppé

Bruno Le Maire et Alain Juppé - MEHDI FEDOUACH - AFP

Proches idéologiquement un temps, présentés comme alliés parfois avant l'élection pour la présidence de l'UMP fin 2014, Alain Juppé et Bruno Le Maire prennent leurs distances à l'approche de la primaire de 2016, qui agite déjà l'UMP.

Sans jamais avoir été alliés déclarés, les ambitions d'Alain Juppé et de Bruno Le Maire semblaient converger harmonieusement. Le deal: le premier aurait les coudées franches lors de la course à la primaire pour 2017, le second aurait tout le soutien du maire de Bordeaux pour la course à la présidence de l'UMP.

Mais depuis, Bruno Le Maire a réalisé un (trop) bon score (29,5%) face à Nicolas Sarkozy lors de l'élection pour la présidence de l'UMP, et entend maintenant peser de tout son poids dans l'avenir de son parti.

En clair, le député de l'Eure rêve de jouer sa propre carte en vue de la présidentielle de 2017. Dans le camp du maire de Bordeaux, on déchanterait tellement que Bruno Le Maire se voit désormais comme "la première cible de Juppé".

"Je sais qu'il explique que, si je suis candidat à la primaire, je lui piquerai des voix qui l'empêcheront de gagner de face à Sarkozy", détaille-t-il dans L'Opinion

Le Maire, "un centriste devenu adepte de la ligne dure"

Choyé par l'ancien chef de l'Etat, Bruno Le Maire a eu l'occasion de s'expliquer avec le maire de Bordeaux lors d'un déjeuner, le 3 février dernier, et d'exposer sa ligne "assumée, plus à droite". Une ligne plus proche de Nicolas Sarkozy, qui charme le noyau dur de l'UMP, quand Alain Juppé élargit son discours vers le centre et le MoDem du honni François Bayrou, coupable d'avoir appelé à voter Hollande en 2012.

"Pour Alain Juppé, on ne peut pas gagner sans une alliance avec le centre", a explicité lundi sur BFMTV son porte-parole et député-maire du Havre, Edouard Philippe, qui, en 2012 et 2013, partageait la table des "juppéistes" avec Benoist Apparu et... Bruno Le Maire. A ses yeux, le député de l'Eure est "un centriste devenu adepte de la ligne dure" de l'UMP. Dernier exemple en date, sur la position à adopter au sujet de la législative du Doubs

Les deux hommes ont participé au même gouvernement à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy; ils sont énarques l'un comme l'autre et défendent des idées pro-européennes, mais sur la législative partielle dans le Doubs, quand Alain Juppé a déclaré qu'il aurait "voté PS", Bruno Le Maire s'est refusé à toute consigne, jugeant que les électeurs font ce qu'ils veulent et n'a pas pris part au vote du bureau national.

"Nous avons dégradé la parole politique"

Lors de sa rencontre avec Alain Juppé mais aussi lors de ses interventions médiatiques, le député de l'Eure assure ne pas avoir tranché sur la question de la primaire - organisée par un de ses proches, Thierry Solère - et ne cesse de critiquer les pratiques politiciennes, notamment comme explication à la montée du FN.

"Il faut pour l'UMP un projet qui tient la route et qui se rapproche des Français", a affirmé Bruno Le Maire lundi sur RTL. "Nous avons dégradé la parole politique à force de renoncements, de contradictions et d'approximations", ajoute-t-il. "Il faut que la parole politique retrouve sa crédibilité". 

Qui pourrait incarner ce renouveau? Il y a un an et demi, raconte L'Opinion, le "quadra ambitieux" de la nouvelle génération à droite déclarait "sentir chez les Français, l'envie de Bruno Le Maire".

S.A.