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Edouard Philippe sur le Doubs: "Le 'ni-ni' ne peut pas gagner"

Edouard Philippe, député UMP du Havre et proche d'Alain Juppé, lundi matin sur BFMTV et RMC.

Edouard Philippe, député UMP du Havre et proche d'Alain Juppé, lundi matin sur BFMTV et RMC. - BFMTV

Edouard Philippe, député UMP, maire du Havre et proche d'Alain Juppé, était lundi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin en direct sur BFMTV et sur RMC.

Invité lundi matin sur BFMTV et sur RMC, le député UMP Edouard Philippe, porte-parole d'Alain Juppé, a d'abord pointé la forte abstention à la législative partielle dans le Doubs, qui a vu la victoire du candidat socialiste face à la candidate FN. "Fondamentalement il y a plus d'un électeur sur deux qui ne s'est pas déplacé. Systématiquement, quand les participations sont faibles, les scores du FN sont plus élevés". Deuxième remarque du député de Seine-Maritime, "le candidat PS gagne avec 800 voix d'avance, c'est-à-dire sur le fil (...). Ca prouve une poussée du FN, qui est incontestable, qui est remarquée. (Mais) Un candidat socialiste succède à un candidat socialiste, ce n'est pas un changement majeur dans le paysage politique français".

# "Le 'ni-ni' ne peut pas gagner"

Une série de personnalités à droite - Alain Juppé, NKM, Jean-Pierre Raffarin - ont jugé "qu'il convenait de faire un barrage au Front national. C'est une position minoritaire au sein du bureau politique de l'UMP". Au même titre que son chef de file Alain Juppé, Edouard Philippe le regrette car "le 'ni-ni' ne peut pas gagner. Le dimanche soir, à la fin de l'élection, il y a bien un élu! (Donc) bien sûr qu'il faut choisir".

# "Laurent Wauquiez arrive à une droite très dure"

Alain Juppé a été visé par des huées samedi soir au conseil national de l'UMP - Alain Juppé évoquait l'idée d'une union avec le MoDem. De fait, de nombreux électeurs UMP se tournent vers le Front national. "Elle existe, cette porosité", reconnaît Edouard Philippe, qui regrette les prises de positions dures de certains ténors du parti. "Laurent Wauquiez, dans son évolution politique, est parti d'une droite très centriste, pour arriver à une droite qui est aujourd'hui très dure".

Toutefois, le député UMP du Havre en est convaincu: personne parmi les leaders l'UMP ne choisit le FN de préférence au PS. "Sur la question d'éventuelles alliances avec le Front national, l'UMP a toujours été extrêmement claire: il n'en est pas question". Pour Edouard Philippe, pas question non plus que l'UMP calque son programme sur celui du Front national. "Sortir de l'Union européenne? Sortir de l'euro? Remettre la retraite à 60 ans? Ca n'a pas de sens! C'est mauvais pour le pays!", juge-t-il.

# Le MoDem? Impossible de "gagner sans le centre"

L'UMP risque-t-elle l'explosion? "Je ne le crois pas". Edouard Philippe reconnaît qu'Alain Juppé "se fait siffler, un peu" samedi dernier au conseil national de l'UMP, à la seule évocation de François Bayrou et d'une alliance avec le MoDem, condition sine qua non, selon lui, de la victoire en 2017. "Parce qu'il y a au sein des militants de l'UMP un rejet massif des positions prises par François Bayrou. Je peux comprendre ce rejet mais il est totalement inouï d'imaginer que nous pourrions gagner et gouverner sans le centre".

"Face à cette montée du Front national, la ligne des autres partis doit évoluer. C'est d'ailleurs ce qu'a bien compris Nicolas Sarkozy, parce que la proposition qu'il a formulée au bureau politique tient compte de cette évolution. Il a essayé de faire évoluer la ligne, je pense qu'il a bien fait, et pour l'instant c'est la ligne majoritaire (du 'ni-ni', Ndlr) qui est restée majoritaire".

Pourquoi l'UMP chercherait-elle alliance avec le centre plutôt que sur sa droite, en direction du FN? D'un point de vue tactique, assure Edouard Philippe "dans notre pays, la droite ne gagne jamais sans le centre. On peut le déplorer, mais c'est un fait". Sur le fond, "la question est de savoir ce qu'on pense, ce qu'on propose aux Français. Et de ce point de vue, nous ne sommes pas suffisamment clairs".

Que penser du face à face entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy? "Ce sont les deux personnalités les plus emblématiques" au sein de l'UMP. Des adversaires? Ce sont des hommes "qui ont des ambitions concurrentes", répond, euphémique, Edouard Philippe. Nicolas Sarkozy a-t-il eu tort d'aller à Abu Dhabi lundi dernier? "J'imagine que c'était un engagement ancien qu'il a voulu honorer, je ne vais pas lui en vouloir. S'il a envie de continuer à les faire, qu'il les fasse". Alain Juppé donne-t-il des conférences? "Oui, mais je crois qu'il ne se fait pas payer".

Alexandre Le Mer