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UMP: 50 nuances de "ni-ni" font leur nid 

De gauche à droite, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon

De gauche à droite, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon - Thomas Samson, Miguel Medina, Joël Saget - AFP; Montage BFMTV

Les cadres de l'UMP n'ont pas attendu le bureau politique de mardi pour s'exprimer sur la législative partielle dans le Doubs. "Ni-ni", abstention, vote blanc... Derrière des positions parfois semblables, certaines nuances sont bien visibles.

Cela pourrait presque s'appeler "50 nuances de 'ni, ni'", tant les prises de position à l'UMP divergent. Front républicain, vote blanc, abstention… Après le premier tour de la législative partielle dans le Doubs, l'UMP se déchire sur la consigne de vote à donner pour le second tour. Au sein d'un même parti, chacun a une recommandation différente. Et même lorsqu'elles se rassemblent, la nuance est à chercher dans la formulation.

> Sarkozy: pas de consigne, mais…

Le président de l'UMP avait annoncé sa décision pour mardi après-midi, lors du bureau politique du parti. Mais face aux députés UMP mardi midi, Nicolas Sarkozy a été forcé de dire clairement les choses plus tôt que prévu: il dit donc "non au FN", mais souhaite aussi "laisser les électeurs choisir". Pas question d'appeler à voter pour le PS, mais Nicolas Sarkozy ne dit pas non plus clairement qu'il ne faut pas voter pour le candidat socialiste. Tout est dans le non-dit.

> Fillon: ni FN, ni PS

Juste avant lui, François Fillon a publié sa position sur son blog: l'ancien Premier ministre dit ne vouloir "aucune complaisance pour l'extrême droite et pas d'indulgence pour un gouvernement impuissant". Renvoyant les deux partis dos à dos, François Fillon estime qu'il est "impossible de voter pour le PS", et ne donne finalement aucune consigne de vote. "Je combats le FN qui est un adversaire pour moi, pour nous, pour l'UMP (…) Aucune voix ne doit aller au FN. Pour autant, doit-on soutenir le candidat PS? La réponse est non".

> Juppé: pas de "ni-ni", vote pour le PS

Alain Juppé, lui, a tranché: il s'oppose à la ligne de Nicolas Sarkozy, et appelle à voter pour le candidat du PS. "Si j'étais électeur de la 4e circonscription du Doubs, je sais ce qu'en mon âme et conscience je ferais: pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, 'en l'évidente inégalité des races', je ne m'abstiendrais pas, je voterais pour le candidat qui l'affronte, c'est-à-dire le candidat PS", écrit le maire de Bordeaux sur son blog. Mais pas question pour autant de souscrire à un front républicain "qui scellerait une alliance avec le PS". D'ailleurs, "pour tout dire, je ne suis pas sûr que les citoyens d'aujourd'hui attendent les consignes d'un parti avant d'aller voter. Chacun choisira en son âme et conscience", ajoute l'ancien Premier ministre.

> NKM: faire barrage au FN

Là où Alain Juppé défend une position particulière pour cette élection, NKM tient à montrer que le choix du barrage au FN a toujours été le sien. Dès lundi matin, sur BFMTV, Nathalie Kosciusko-Morizet a expliqué son point de vue: "Je défendrai la position que j'ai toujours défendue. Je choisirais de voter pour le candidat opposé au candidat du Front national", en l'occurrence un candidat PS. "C'est un choix personnel. C'est une position plutôt minoritaire dans ma famille politique, mais je la défends quand même".

> Wauquiez: vote blanc

Le numéro 3 de l'UMP renvoie dos à dos PS et FN. Pour lui, c'est clair: il refuse d'appeler à voter pour le PS, et rejette aussi le FN. D'ailleurs, s'il était électeur de la 4e circonscription du Doubs, il "voterait blanc". Une position partagée par Christian Jacob. Mais devant la cacophonie, le patron des députés a rappelé devant les élus de son parti qu'il aurait "mieux valu attendre le bureau politique de ce soir pour que les uns et les autres s'expriment". 

Ariane Kujawski