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Législative dans le Doubs: PS ou FN, vers qui vont se tourner les électeurs UMP?

Un bureau de vote de Fesches-le-Chatel, dans le Doubs, dimanche 1er février.

Un bureau de vote de Fesches-le-Chatel, dans le Doubs, dimanche 1er février. - Sébastien Bozon - AFP

Front républicain ou "ni, ni"? L'UMP n'a pas encore arrêté de décision officielle face au duel PS-FN du deuxième tour de la législative partielle dans le Doubs. Déjà, l'idée d'un front républicain semble s'éloigner, au grand dam du PS. Les consignes officielles ont-elles encore un effet sur les électeurs?

Au lendemain de la législative partielle dans le Doubs, l'UMP a du mal à y voir clair. Eliminée au second tour, elle se trouve face à un duel opposant le PS au FN. Hors course, l'UMP pourrait désormais choisir d'appeler à voter pour le candidat du Parti socialiste, au nom du Front républicain, ou au contraire s'abstenir de trancher entre Frédéric Barbier, le candidat PS, et Sophie Montel, la candidate frontiste. La réponse officielle est attendue mardi soir, à l'issue d'un bureau politique de l'UMP à Paris.

Divergences à l'UMP

Mais déjà, ils sont nombreux à l'UMP à s'être exprimés sur le sujet. Et si Nathalie Kosciusko-Morizet a dit clairement qu'elle voterait pour le candidat socialiste, Bruno Le Maire, lui, rejette catégoriquement le front républicain. Une position qui fait écho à celle de François Fillon: fin 2013, l'ancien Premier ministre avait fait polémique en affirmant qu'en cas de duel entre le PS et le FN, il choisirait "le moins sectaire des deux". Autrement dit, pas forcément le PS.

Depuis, l'idée a fait son chemin. "Lorsqu'on teste certaines intentions de vote, une partie majoritaire de l'électorat de l'UMP dit qu'entre le PS et FN, même sur une présidentielle, ils se porteraient plutôt sur le candidat FN", explique Bernard Sananès, de l'institut CSA, sur BFMTV. Pour lui, "l'électeur de l'UMP a jeté aux oubliettes le front républicain."

Sur le terrain, des consignes pas forcément suivies

Désormais, dans le Doubs comme à Paris, les deux partis qualifiés pour le second tour tentent d'anticiper le comportement des électeurs. Au PS, on se garde bien de triompher: le parti de la majorité a perdu à lui seul 55% des voix qu'il avait obtenu en 2012, selon Le Monde. Dès lors, difficile de savoir si des consignes de vote de l'UMP pour un front républicain pourraient porter leurs fruits. Au FN, à l'inverse, on compte sur une possible porosité entre électeurs de droite et d'extrême droite pour faire la différence. Des militants UMP ont d'ailleurs ostensiblement partagé un "verre de l'amitié" avec la candidate FN dès dimanche soir.

Et même si l'UMP appelait au front républicain, rien ne garantit qu'il soit suivi par ses électeurs - et ce localement comme d'un point de vue national. Un sondage Ifop pour Marianne sur la présidentielle de 2017 indique ainsi qu'au second tour, en cas de duel entre François Hollande et Marine Le Pen, le premier l'emporterait avec 55% des voix, contre 45% pour Marine Le Pen. Un bon score pour François Hollande, toutefois loin d'un élan républicain anti-FN.

Consignes ou non, seuls les électeurs décident, et peu importe à quel parti ils appartiennent. Au PS, on se souvient de la douloureuse défaite de Brignoles, dans le Var. Le parti de la majorité avait été sèchement éliminé dès le premier tour d'une cantonale partielle. Malgré les appels socialistes à contrer le FN, le candidat frontiste Laurent Lopez avait remporté le scrutin avec 53,9% des voix. "Les électeurs sont des adultes et n'aiment pas les consignes de vote", avait d'ailleurs commenté Thierry Mandon, alors député socialiste. Preuve que le principal problème de l'UMP et du Parti socialiste se concentre d'abord sur la baisse du nombre de voix. Loin, bien loin de la mécanique électorale.

Ariane Kujawski