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Alain Juppé: "si j'étais dans le Doubs, je voterais pour le PS"

Alain Juppé, le 10 octobre 2014.

Alain Juppé, le 10 octobre 2014. - Nicolas Tucat - AFP

C'est ce qu'explique le maire de Bordeaux sur son blog. Avant même que l'UMP n'arrête sa consigne de vote officielle pour le second tour de la législative partielle qui se tiendra dimanche dans le Doubs, opposant un candidat PS à une candidate FN.

A la veille du bureau politique où l'UMP doit arrêter sa consigne de vote officielle pour le second tour de la législative partielle qui opposera le FN et le PS dimanche dans le Doubs, l'ex-Premier ministre Alain Juppé explique ce lundi qu'il choisirait le candidat PS s'il votait dans cette circonscription.

"Si j’étais électeur de la 4ème circonscription du Doubs, je sais ce qu’en mon âme et conscience je ferais: pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, 'en l’évidente inégalité des races', je ne m’abstiendrais pas, je voterais pour le candidat qui l’affronte, c’est-à-dire le candidat PS", écrit-il dans un post sur son blog.

Juppé "joue perso"

"Pour tout dire, je ne suis pas sûr que les citoyens d’aujourd’hui attendent les consignes d’un parti avant d’aller voter. Chacun choisira en son âme et conscience", lance au passage le maire de Bordeaux.

Une explication qui n'a pas convaincu le député UMP Lionnel Luca. "Alain Juppé s'affirme comme le meilleur candidat aux primaires du PS. Une fois de plus les obsédés de 2017 jouent perso sans attendre le choix", tacle sur Twitter l'élu des Alpes-Maritimes.

L'UMP à la croisée des chemins

Tiraillée entre le "ni-ni" et l'appel à voter pour le candidat PS, l'UMP doit arrêter sa position officielle mardi en bureau politique. Son président Nicolas Sarkozy est confronté à un double défi après l'élimination du candidat de son parti au premier tour du scrutin: préserver l'unité de son parti divisé face au FN, et rétablir son image de rempart anti-Le Pen, écornée par ce premier tour.

Mais plusieurs poids lourds du parti ont déjà exprimé leur position "personnelle" sur le sujet. Avant Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente déléguée de l'UMP a dit qu'"à titre personnel", elle voterait "sans gaîté de coeur" contre le FN et donc pour le PS. L'ex-ministre et député de Charente-Maritime Dominique Bussereau a lui aussi expliqué qu'il voterait PS pour "battre le FN".

Laurent Wauquiez, secrétaire général du parti et opposé aux "alliances partisanes contre-nature", a lui indiqué qu'il choisirait de "voter blanc". Tout comme le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi, jugeant que "le front républicain est un échec". 

V.R. avec AFP