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Législative du Doubs: l'UMP partagée entre le "ni-ni" et le front républicain

Sophie Montel, candidate FN, affrontera Frédéric Barbier, candidat PS, au second tour de la législative partielle du Doubs.

Sophie Montel, candidate FN, affrontera Frédéric Barbier, candidat PS, au second tour de la législative partielle du Doubs. - Sébastien Bozon - AFP

Le second tour de la législative partielle du Doubs opposera le PS au FN. Déjà, l'UMP apparaît divisée sur la stratégie à adopter. Joint par BFMTV.com, Thierry Mariani prône le "ni-ni", ni PS, ni FN, tandis que Dominique Bussereau annonce qu'il votera pour le candidat socialiste.

Un rassemblement républicain: c'est ce que réclament dimanche soir le gouvernement et le PS à l'UMP, alors que le Parti socialiste se retrouvera face au Front national lors du second tour de l'élection législative partielle dans le Doubs. Frédéric Barbier, le candidat PS de la 4e circonscription du département, "est désormais le candidat de tous les républicains", a tweeté le Premier ministre, qui avait été le soutenir la semaine dernière lors d'un meeting mouvementé.

Mais les dirigeants de l'UMP étaient relativement silencieux pour réagir à l'absence de leur parti au second tour. Sur BFMTV le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère a seulement indiqué que le président du parti, Nicolas Sarkozy, "consultera le bureau politique réuni ce mardi, pour définir la position de notre formation pour le second tour de cette législative partielle". Trois options s'offriront à leurs électeurs dans le Doubs: voter PS, s'abstenir, voire même voter FN.

Pourtant, une ligne fracture se dessinait dès dimanche soir. Dominique Bussereau, ancien ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, et actuel député UMP de Charente-Maritime, a d'ores et déjà donné sa position: il voterait PS, s'il était électeure de la circonscription. "Le FN défend les idées d'extrême gauche anti-libérales et anti-européennes. Nous devons le combattre", a-t-il déclaré dans un second tweet.

Une position partagée par le sénateur-maire UMP de Castelnau-Le-Lez Jean-Pierre Grand. "Ce soir l'UMP ne peut qu'appeler au rejet du vote FN. Tout autre choix serait un message mortel de soutien aux candidats d'extrême droite", a tweeté l'élu.

Trois députés FN? "Ce ne serait pas un danger", selon Mariani

Son de cloche radicalement différent chez Thierry Mariani, lui aussi ex-ministre du gouvernement Fillon. "Je ne comprends même pas que l'on puisse hésiter. On ne peut pas changer de ligne politique à chaque élection! Nous devons poursuivre sur la ligne qui est la nôtre depuis deux ans, la stratégie du "ni-ni", ni PS-ni FN", explique à BFMTV.com le député des Français de l'étranger. 

Lui ne s'inquiète pas outre-mesure d'une possible victoire du FN dans le Doubs. "Ils seraient trois députés au lieu de deux, et voilà tout. La république ne sera pas en danger pour autant. Soutenir le candidat PS, ce serait accréditer le discours du FN qui parle d'un "UMPS", et ce serait soutenir l'échec de ce gouvernement. Je trouve même choquant que notre parti n'ait pas déjà exprimé une ligne claire et attende mardi pour se décider", estime Thierry Mariani.

Invité de BFMTV dimanche soir, Bernard Sananès, président de l'Institut CSA, a rappelé que "sur la question du front républicain, l'électorat de droite a beaucoup évolué: aujourd'hui dans les sondages, cette tendance au "ni-ni", ni Parti socialiste, ni Front national, est plutôt majoritaire chez les électeurs UMP", à en croire leurs déclarations d'intention de vote. "Et lorsque l'on demande à ces électeurs ce qu'ils feraient lors d'une élection présidentielle entre un candidat FN et un candidat PS, ils sont aujourd'hui une majorité à dire qu'ils voteraient pour le candidat du Front national".

L'UDI, les Verts, et les Radicaux dans le front républicain

Du côté des autres partis, la réponse à l'appel du gouvernement pour un front républicain s'est faite moins attendre. Peu après 21 heures dimanche, le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a appelé à "faire barrage à l'extrême droite", car "l'élection d'une député d'extrême droite au programme xénophobe et démagogique serait une mauvaise nouvelle", a assuré le centriste dans un communiqué et sur Twitter. Il a cependant rappelé que "cela n'enlève rien de nos fortes divergences avec les socialistes et leur gouvernement".

Les écologistes ont appelé eux aussi à voter pour Frédéric Barbier. "Au vu de ce qui est annoncé, nous appelons à voter pour le candidat de la gauche le mieux placé, c'est-à-dire le socialiste", a déclaré la secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse. "Le second tour sera désormais celui de la République contre l'extrémisme", a renchéri le secrétaire général du Parti radical de gauche Guillaume Lacroix.