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La stratégie du "ni ni" contestée après l'échec de l'UMP

François Baroin s'est insurgé lundi contre le glissement droitier de l'UMP, illustré par la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. L'ancien ministre de l'Economie a rappelé que l'UMP, "c'est le refus des extrêmes". /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Te

François Baroin s'est insurgé lundi contre le glissement droitier de l'UMP, illustré par la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. L'ancien ministre de l'Economie a rappelé que l'UMP, "c'est le refus des extrêmes". /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Te - -

PARIS (Reuters) - Des personnalités de la droite parlementaire appellent l'UMP à revoir la stratégie du "ni ni" et à cesser de courir derrière le...

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Des personnalités de la droite parlementaire appellent l'UMP à revoir la stratégie du "ni ni" et à cesser de courir derrière le Front national après l'entrée de deux députés "marinistes" dimanche à l'Assemblée nationale.

L'abandon de la doctrine du front républicain par la direction de l'UMP a été l'un des faits majeurs de la campagne législative, faisant dire à Marine Le Pen qu'un mur était tombé, même si le FN n'en a profité qu'a minima.

La campagne a été également marquée par les appels du pied au FN de figures "sarkozystes", comme l'ex-ministre Nadine Morano, qui n'en a pas recueilli les fruits puisqu'elle a été battue en Meurthe-et-Moselle. Le député sortant de Loire-Atlantique Philippe Boënnec, qui avait mis en avant des "valeurs communes avec le FN", a été battu.

L'ancien ministre de l'Economie François Baroin s'est insurgé lundi contre le glissement droitier de l'UMP, illustrée par la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, rappelant que l'UMP, "c'est le refus des extrêmes".

Cet ex-chiraquien n'a pas exclu de briguer la présidence de l'UMP si ses idées n'étaient "pas reprises".

"Quand j'ai entendu certains dire qu'ils avaient des valeurs (communes) avec le Front national et de la sympathie pour Marine Le Pen, mais c'est quoi la prochaine étape ? On prend un verre, on se met à table et on discute ?", a-t-il dit sur RTL.

"C'est même pas envisageable, ni de près ni de loin", a-t-il ajouté, tout en reconnaissant avoir soutenu la stratégie du "ni front républicain, ni Front national", qu'il ne juge plus "pertinente".

L'ex-ministre du Travail Xavier Bertrand, réélu dans l'Aisne, et la sénatrice UMP Chantal Jouanno ont également déploré une manque de fermeté sur les valeurs.

"Triste défaite sans appel qui sanctionne la stratégie de droitisation. Fin du silence sur la refondation mais opposition sans concession", écrivait Chantal Jouanno dès dimanche soir sur Twitter.

Dans les faits, le refus de consigne de vote pour arbitrer les 20 duels FN-PS du second tour n'a guère profité au FN puisque ses deux députés, Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen, ont été élus dans le cadre de triangulaires.

ÉCHEC DE LA DROITE POPULAIRE

En outre, le "front républicain" a fonctionné à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où Marine Le Pen a été battue sur le fil par le socialiste Philippe Kemel.

Les opposants au "ni ni", une stratégie déjà éprouvée aux cantonales de 2011, notent également que le collectif de la Droite populaire, qui représente l'aile droite de l'UMP et a donné le sentiment d'illustrer la porosité avec le FN, a subi une sévère défaite.

La moitié de ses membres n'ont pas été réélus, comme Christian Vanneste, Eric Raoult ou Jean-Paul Garraud, qui souhaitait le dialogue avec le FN.

Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, a contesté que l'échec de la droite parlementaire soit lié à une stratégie de droitisation et juge que l'UMP "n'a pas du tout explosé, est restée cohérente, soudée".

"Ce n'est pas mon point de vue, je ne suis pas sûr d'ailleurs que Chantal Jouanno soit tout à fait majoritaire sur cette thèse", a-t-il dit sur France Info.

Pour SOS Racisme, qui se félicite de la "cuisante et bienvenue défaite de Marine Le Pen", l'entrée de députés FN à l'Assemblée "doit faire réfléchir une droite républicaine dont une partie trop importante n'aura eu de cesse ces derniers mois de lancer des ponts idéologiques ou organisationnels à l'endroit de cette formation extrémiste."

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse