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Primaire à droite: pour Nicolas Sarkozy, une claque de fin

Nicolas Sarkozy lors de son discours de défaite, le 20 novembre.

Nicolas Sarkozy lors de son discours de défaite, le 20 novembre. - AFP

Eliminé dès le premier tour de la primaire de la droite, l'ancien président de la République voit sa stratégie de retour totalement rejetée.

Il attendait un "blast", un retour en fanfare. Il n'en sera strictement rien. Avec à peine plus de 21% des voix, Nicolas Sarkozy arrive en troisième position du premier tour de la primaire de la droite, loin derrière François Fillon et Alain Juppé. L'élimination de l'ancien Président est cinglante et signe la fin d'un retour politique qui devait ne pas avoir lieu.

Lors de sa défaite en 2012 face à François Hollande, Nicolas Sarkozy l'avait promis: la politique pour lui était de l'histoire ancienne. Devant son camp, il avait affirmé qu'il ne serait "plus jamais candidat aux mêmes fonctions".

Mais face aux premières difficultés de François Hollande, l'envie a été trop forte. Au fil des interviews et des "cartes postales" distillées avec soin, l'ancien président de la République a laissé entendre, de plus en plus clairement, son envie de revenir sur la scène politique.

Le 19 septembre 2014, c'est fait. Nicolas Sarkozy se lance dans la course à la présidence de l'UMP. Son retour en politique est destiné à reprendre en main son parti en crise, avec un seul objectif: le mettre en marche derrière lui pour qu'il le porte à la présidentielle de 2017, comme l'UMP l'a fait pour sa candidature de 2007.

La primaire, il n'en voulait pas

Mais Nicolas Sarkozy l'a répété plusieurs fois: la primaire, il n'en voulait pas. Elle risquait de lui faire de l'ombre, et même de le mettre en difficulté. Ses rivaux ont pourtant décidé de ne pas lui laisser les coudées franches. Et devant les déclarations de candidature de ses concurrents, Nicolas Sarkozy a été bien obligé d'y consentir. Bon gré mal gré, l'ancien président de la République s'est alors lancé dans la course. Avec pour ambition de tout renverser sur son passage, et de faire taire une bonne fois pour toutes ceux qui osent lui faire concurrence.

Sa stratégie de départ est résumée par le "Blast", ce terme anglais signifiant "explosion, effet de souffle". "Une fois que j'aurai appuyé sur le champignon, plus personne ne me dépassera", aurait même prédit Nicolas Sarkozy. Son entrée en campagne fonctionne dans les sondages. Candidat, il sort un livre-programme, Tout pour la France, donne plusieurs interviews et amorce un coup de barre à droite programmatique. Le burkini, les Gaulois, les "frites à la cantine"... Les petites phrases cinglantes se multiplient et rythment la campagne. Comme c'était le cas par le passé, il marque le tempo de la campagne. Mais le temps passe, et l'effet de l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy retombe, alors que de son côté, Alain Juppé affiche d'excellents résultats dans les études d'opinion.

Quand les difficultés s'accumulent

Alors pour mieux contrer l'ancien Premier ministre, Nicolas Sarkozy décide de s'en prendre à son allié principal: François Bayrou. Le meilleur moyen pour lui d'atteindre Alain Juppé, son ennemi numéro 1, qui peut se targuer du soutien du président du Modem.

Le sujet occupera une grande partie du deuxième débat télévisé entre les candidats. Nicolas Sarkozy ne lâche pas et accuse les deux hommes d'avoir "un accord secret" pour gouverner ensemble en 2017. Son but: mobiliser le "noyau dur" de son électorat, celui qui nourrit une rancune à l'égard de François Bayrou. Un ensemble de fidèles capable de se mobiliser face à un possible électorat de gauche qui pourrait, lui, se mobiliser en faveur d'Alain Juppé.

Le coup de grâce arrive lors que les affaires reviennent sur le devant la scène médiatique. Le 15 novembre dernier, Ziad Takieddine affirme avoir donné 5 millions d'euros à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant pour financer la campagne de 2007. Indigné par la question qui lui est posée lors du dernier débat, Nicolas Sarkozy est pourtant de nouveau au centre de l'actualité pour une affaire politico-judiciaire qui entâche son image.

Une difficulté supplémentaire achevant de mettre à mal une campagne qui n'aura jamais réellement trouvé son élan. "Il est donc temps pour moi d'aborder une vie avec plus de passions privées et moins de passions publiques", a conclu Nicolas Sarkozy dimanche soir. Sans pour autant annoncer la fin de sa carrière politique. "Tout ce qui touche à la France me touchera toujours personnellement", a-t-il indiqué. "Bonne chance à la France. Tout ce qui touchera la France me touchera personnellement, je n'ai aucune amertume, je souhaite le meilleur pour mon pays."

Ariane Kujawski