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Pour Fillon, Jouyet était en "service commandé" pour "semer la zizanie"

Devant le tribunal correctionnel de Paris, l'ancien Premier ministre s'est campé en victime d'une "opération" qu'il dit montée contre lui. Jean-Pierre Jouyet, lui, n'était pas présent.

L'ancien Premier ministre François Fillon, qui dément avoir demandé à l'Elysée d'accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy, a dit jeudi sa conviction que le secrétaire général de la présidence Jean-Pierre Jouyet était en "service commandé".

Devant le tribunal correctionnel de Paris, où il poursuit Jean-Pierre Jouyet et deux journalistes du Monde en diffamation, il s'est posé en victime d'une "opération" visant à le "décrédibiliser" et "semer la zizanie à l'intérieur de (sa) famille politique".

Une thèse qui "ne tient pas", pour les journalistes

"C'est la seule explication plausible que je vois", a-t-il ajouté, estimant que Jean-Pierre Jouyet, pour qui il avait du "respect" et en qui il avait "confiance", "n'a pas pu agir seul". Rappelant qu'ils avaient une source au sein de l'UMP qui les avaient informés des propos de Jean-Pierre Jouyet, les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ont immédiatement rétorqué que cette thèse du "service commandé" "ne tient pas", "n'a aucun sens". Pour preuve, ils rappellent, enregistrement de leur entretien avec le secrétaire général de l'Elysée le 20 septembre à l'appui, que Jean-Pierre Jouyet leur avait dit "vous êtres bien informés".

Dans le quotidien du soir et dans leur livre Sarko s'est tuer, les deux journalistes avaient affirmé en novembre que, lors d'un déjeuner à Paris le 24 juin 2014, François Fillon avait demandé à Jean-Pierre Jouyet que l'Elysée accélère les poursuites contre l'ancien président pour entraver son retour. Le secrétaire général rapporte que l'ex-Premier ministre exhorte à "taper vite" pour "casser les pattes" de Nicolas Sarkozy.

Après avoir démenti dans un premier temps, Jean-Pierre Jouyet a finalement affirmé que François Fillon avait évoqué lors de ce déjeuner l'affaire Bygmalion et celle des pénalités infligées à Nicolas Sarkozy pour le dépassement de ses dépenses de campagne en 2012.

Jouyet conteste l'interprétation de ses propos

Absent à l'audience, Jean-Pierre Jouyet est représenté par son avocat, Me Jean Veil. Sa position consiste à contester l'interprétation de ses dires faite par les journalistes du Monde et à soutenir qu'il a été enregistré à son insu.

François Fillon a lui expliqué que si certains avaient tenté de l'en dissuader, il a décidé de saisir la justice pour "défendre (son) honneur et (sa) conception de la vie publique", n'acceptant pas "une telle salissure", qu'on lui "prête des attitudes abjectes que toute (sa) vie politique vient démentir". Lisant une déclaration écrite, il a assuré qu'il n'avait "jamais (...) fait pression, tenté de faire pression (...) sur le système judiciaire", ni envisagé de le faire.

A. K. avec AFP