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Nicolas Sarkozy drague l'électorat catholique

Nicolas Sarkozy tente de reconquérir l'électorat catholique.

Nicolas Sarkozy tente de reconquérir l'électorat catholique. - AFP

En quelques jours, Nicolas Sarkozy a multiplié les appels du pied vers l'électorat catholique. Mais il n'est pas le seul candidat à le courtiser.

Alors que la campagne de la primaire de droite bat son plein, Nicolas Sarkozy tend la main vers l'électorat catholique. En l'espace de quelques jours, l'ancien président, qui n'a jamais caché être lui-même catholique, a multiplié les signes.

La sortie du pape à propos de la théorie du genre lui a donné une belle occasion de s'exprimer. Le souverain pontife avait en effet accusé les manuels scolaires français de véhiculer la théorie du genre. Une affirmation contredite ensuite par la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, qui s'est dit "peinée" de telles paroles et a invité François à "discuter avec les enseignants" pour lui prouver le contraire.

Mercredi soir, à l'occasion d'un meeting, Nicolas Sarkozy a publiquement soutenu le pape François: "Peut-on refuser le relativisme et affirmer que la parole du pape n'est pas de même nature que celle des idéologues de la théorie du genre? Madame Najat Vallaud-Belkacem aurait mieux fait de se taire, elle nous fait honte", a rétorqué le candidat.

Sarkozy ne défilera pas avec la Manif pour tous

Ce jeudi, dans une interview à Famille Chrétienne, Nicolas Sarkozy relance les hostilités. Il y répète son rejet de la PMA pour les couples homosexuels, et de la GPA pour tous. Il déplore encore le fait que la politique familiale ait été "méthodiquement déconstruite depuis 2012 (…) Les familles ont été prises pour cible par ce gouvernement. Ce n'est pas un combat d'arrière-garde!"

Nicolas Sarkozy tente ainsi d'attirer de nouveau à lui un électorat froissé par certains de ses choix passés, et notamment par sa volte-face sur la loi Taubira. Désormais il s'y tient: "on ne démariera pas", affirme-t-il dans Famille Chrétienne. Il ne descendra pas non plus dans la rue avec la Manif pour tous le 16 octobre prochain.

Juppé et Fillon tentent aussi leur chance

L'ancien chef de l'Etat n'en est pas à sa première tentative de rapprochement avec les catholiques. Il sait qu'une désaffection de leur part dans les urnes pourrait lui nuire, car ils l'ont soutenu en 2007 et 2012. Selon La Vie, sur les 10% de catholiques pratiquants recensés en France, deux tiers votent à droite. D'où l'opération reconquête lancée dès le début de l'an dernier: en mars 2016 déjà, il était parvenu à rencontrer le pape. Le 15 août dernier, il s'était rendu à la messe au Lavandou et avait exprimé son soutien aux "catholiques de France" après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Mais il n'est pas le seul à s'être lancé dans l'offensive. Cet été, Alain Juppé s'est rendu à Lourdes à l'occasion de l'Assomption, tandis que François Fillon célébrait cette journée à l'abbaye de Solesmes en rappelant ses "racines chrétiennes" sur Twitter. Nul doute que la compétition n'est pas terminée.

Ariane Kujawski