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Les Républicains se réunissent ce samedi pour entamer leur reconstruction

Le président des Républicains Christian Jacob

Le président des Républicains Christian Jacob - AFP

Le nouveau patron de la droite, Christian Jacob, réunit ses troupes en Conseil national au siège de LR, rue de Vaugirard, pour une longue séance de questions-réponses et le lancement de travaux thématiques qui se dérouleront sur les prochains mois.

Place aux travaux pratiques. Sonnés par les élections européennes, dotés d'un nouveau président qui a dû consacrer son premier mois à poser des rustines en vue des municipales, les Républicains se réunissent en Conseil national ce samedi pour entamer leur reconstruction. De nouvelles dissidences risquent néanmoins de gâcher la fête et brouiller le message de Christian Jacob, le patron de LR.

Ce dernier a été largement élu fin octobre, quelques mois après les 8,48% obtenus par son parti aux européennes du 26 mai. Au total, 400 personnes sont attendues à ce Conseil national, sorte de "parlement" de LR, qui se tiendra au siège, rue de Vaugirard, et non pas à la Mutualité, comme de tradition. Cela permet à la droite d'éponger une partie des 200.000 euros qu'elle a dépensés pour l'élection à la présidence de LR. 

"Nouvelle méthode de travail"

"On va essayer d'être les plus interactifs possible et de supprimer les discours" promet Christian Jacob, chiraquien historique et ancien chef des députés de son camp à l'Assemblée nationale, qui travaille depuis son arrivée à reconstruire le parti en s'appuyant sur sa base.

Au programme de ce "conseil national de lancement", une longue séance de questions-réponses avec la salle, et la présentation d'une "nouvelle méthode de travail" autour de 12 thématiques, explique la présidente de l'instance, Annie Genevard.

Autorité de l'État, emploi, mais aussi réchauffement climatique ou fractures territoriales: "on va retrouver nos fondamentaux sur le régalien, mais on va aussi sur des pistes de plus en plus importantes aux yeux des Français et qui sont à nos yeux mal traitées ou insuffisamment traitées" ajoute Annie Genevard.

Chacun de ces forums, piloté par un vice-président, planchera une fois par mois avec des représentants du terrain (élus, société civile) jusqu'à un "congrès des idées" prévu début juillet. Christian Jacob, qui n'a pas oublié son passage à la tête de la CNJA (le syndicat "jeunesse" de la FNSEA) dans les années 1990, veut aussi mettre sur les rails un "grand mouvement de jeunesse" à l'horizon de la rentrée 2020.

Dissidences

L'ambition du patron de LR est claire: "qu'on soit le premier parti politique à avoir un vrai mouvement de jeunesse qui soit autonome dans son budget, ses actions et sa gouvernance", affirme le député de Seine-et-Marne. Avant le Conseil, une centaine de Jeunes LR ont appelé dans L'Opinion à "la refondation d'une droite sociale, attachée au mérite et à l'égalité des chances, résolument soucieuse des plus précaires".

Pour Annie Genevard, il faut "que la droite, absente du deuxième tour de la présidentielle en 2017, relève la tête. Jusqu'à présent elle courbait l'échine sous le coup de défaites électorales, je voudrais qu'avec ce Conseil national elle porte un nouveau regard sur elle même et se dise oui nous pouvons redevenir une force d'alternance".

Mais l'ombre de dissidences récentes risque de planer sur le meeting, affaiblissant le message d'un chef qui a renoncé à l'ambition de se présenter à l'élection présidentielle de 2022. Les Républicains, en lent affaiblissement depuis la défaite de 2012, voient en effet leur espace rogné par La République en marche d'un côté, qui a siphonné une partie de l'électorat LR, et l'extrême droite de l'autre, soutenue par une grande partie des classes populaires. Par ailleurs, certaines personnalités comme Marion Maréchal prônent "l'union des droites". 

"Stratégie de brouillage" de LaREM

Cette tectonique a un impact dans plusieurs villes. Dans l'Hérault, le président de la fédération LR Sébastien Pacull vient de démissionner par désaccord avec le choix du parti de soutenir le maire sortant de Sète, soutien d'Emmanuel Macron. Sébastien Pacull pourrait présenter sa propre candidature à la mairie, à la tête d'une liste "d'union des droites" soutenue par le RN.

À Marseille, Bruno Gilles, président de l'influente fédération des Bouches-du-Rhône, a refusé de jeter l'éponge après que LR a confié mercredi son investiture pour les municipales à sa rivale Martine Vassal. À Paris aussi, le travail de conviction reste à faire: le maire LR du XVIIe Geoffroy Boulard vient de lancer vendredi sa campagne sans allusion à aucun parti, ni même à la droite ou au centre. Dans le VIe, Jean-Pierre Lecoq a publié un communiqué dans lequel il exprime son souhait de faire un "large" rassemblement incluant les macronistes. 

Par ailleurs, Christian Jacob ne décolère pas de voir LaREM rallier des candidats sortants LR, dans une "stratégie de brouillage pour masquer leur manque d'ancrage territorial" - mais qui risque de compliquer la lecture des résultats finaux, au détriment de la droite. 

Jules Pecnard avec AFP