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Gilets jaunes: à Nice, Eric Ciotti et Francis Lalanne pris à partie par des manifestants

Francis Lalanne, lors de la marche pour le climat à Metz le 4 mai 2019.

Francis Lalanne, lors de la marche pour le climat à Metz le 4 mai 2019. - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Le chanteur, tête d'une des deux listes estampillées "gilets jaunes" aux européennes, se voit reprocher ses tentatives de "récupération" du mouvement.

Entre Eric Ciotti et les gilets jaunes, le divorce semble consommé. Samedi à Nice, à l'occasion du 26e jour de mobilisation nationale du mouvement, le député des Alpes-Maritimes a été pris à partie par des manifestants. Certains, d'après l'AFP, ont traité l'élu Les Républicains de "collabo".

Dans un communiqué, Eric Ciotti dit s'être trouvé "à la 8ème Foire du Livre du Lions Club de Nice" lorsqu'une "poignée d'activistes d'extrême gauche" l'ont "pris violemment à partie". Il a annoncé son intention de déposer plainte pour menaces de mort. 

"Extrême gauche violente" selon Ciotti

"Ces manifestants ont scandé 'solidarité avec Olivier', du nom de l’enseignant mis en cause par la justice pour être suspecté d’avoir agressé un policier; et dont j’ai demandé la suspension à titre conservatoire dans l’attente de la décision de justice", poursuit le député LR sur Facebook. 

D'après France 3 Côte d'Azur, Eric Ciotti a quitté la place Garibaldi sous protection policière, tandis que des manifestants crient "collabo, collabo". Aucun contact ne serait visible, sur les images, entre l'élu et les manifestants.

De quoi confirmer, dans l'esprit du député des Alpes-Maritimes, que le mouvement des gilets jaunes "a été volé par l'extrême gauche violente". Dès le mois de février, ce proche de Nicolas Sarkozy appelait à une interdiction totale des manifestations en émanant. Dans leurs premiers mois d'existence, Eric Ciotti soutenait les gilets jaunes.

Lalanne exfiltré

Figure autoproclamée du mouvement, Francis Lalanne a également eu maille à partir avec les manifestants présents à Nice samedi. Tête de liste "Alliance jaune" pour les élections européennes, le chanteur a été contraint de quitter le lieu de mobilisation en début d'après-midi.

Confronté à des gilets jaunes plus radicaux, hostiles au principe d'avoir un meneur identifié et médiatisé, Francis Lalanne s'est progressivement vu insulté. Selon Nice-Matin, les personnes présentes le jugeaient "indésirable". Des messages publiés sur Facebook auraient appelé les militants à "dire avec diplomatie... ou pas" ce qu’ils pensaient du candidat au scrutin du 26 mai. L'intéressé, lui, dément avoir été exfiltré du cortège niçois.

Autre figure du mouvement, Jérôme Rodrigues a déclaré, depuis Lyon, qu'il ne supportait pas "la récupération" qu'opérait Francis Lalanne vis-à-vis des gilets jaunes. 

"Il apparaît avec des tee-shirts à mon effigie, je ne m’inscris pas avec Lalanne. Je n’ai rien à voir avec ce monsieur, il fait son bout de chemin tout seul et le mouvement fait le sien", a-t-il souligné selon Sud-Ouest

Jules Pecnard