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Fillon s'offusque des "attaques en dessous de la ceinture" de son "ami" Juppé

François Fillon était l'invité de BFMTV, mardi 22 novembre 2016.

François Fillon était l'invité de BFMTV, mardi 22 novembre 2016. - BFMTV

Invité de BFMTV ce mardi soir, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy s'est dit victime "d'attaques en dessous de la ceinture" de la part du maire de Bordeaux. Il estime pour sa part avoir "toujours été très correct" avec son adversaire du second tour.

Uppercut contre uppercut pour les anciens Premiers ministres. Invité de Ruth Elkrief ce mardi soir, François Fillon s'en est pris au programme de son adversaire Alain Juppé, comme celui-ci venait de le faire quelques instants plus tôt, lui aussi reçu par BFMTV .

Le député de Paris, grand vainqueur du premier tour de la primaire à droite dimanche dernier, a dénoncé les "attaques en dessous de la ceinture" de son "ami", a défendu sa position sur l'avortement et a affirmé être le meilleur rempart contre l'extrême droite. 

> Attaques "en dessous de la ceinture" de son "ami" Juppé

Dans le duel à distance qui les opposait dans la soirée, lui en meeting à Lyon, Alain Juppé à Toulouse, François Fillon s'est ému d'attaques "en dessous de la ceinture" à son encontre, quand lui jouait les gentlemen.

"Ce qui me peine, c’est quelques attaques que j’ai considérées comme en dessous de la ceinture et pas dignes de la relation personnelle que j’ai avec Alain Juppé. Je mets ça sur le compte de la déception et peut-être aussi d’un certain énervement de son entourage", a-t-il dit.
"Alain Juppé me connaît, on est amis. Je n’ai d’ailleurs jamais eu une parole désagréable contre lui. J’ai porté des jugements sur son programme que je ne considère pas de nature à redresser la situation du pays. J’ai toujours été très correct avec Alain Juppé", a-t-il affirmé, rappelant au passage ses déboires judiciaires de son rival: "Je crois même l’avoir défendu quand certains l’attaquaient sur son passé, sur les questions judiciaires."

Et de retourner contre Alain Juppé l'attaque selon laquelle il aurait reformé, à l'issue du premier tour, un tandem avec Nicolas Sarkozy, comme lorsqu'ils étaient tous deux à la tête de l'exécutif. Alain Juppé, qui parle d’un tandem Nicolas Sarkozy-François Fillon, "oublie qu’il était membre du premier gouvernement que j’ai constitué sous l’autorité de Nicolas Sarkozy et que si il n’avait pas échoué aux législatives, il serait resté ministre pendant tout le quinquennat."

> "Personne ne reviendra sur l'IVG"

Personne n'attendait François Fillon en tête du premier tour. Désormais en pleine lumière avec 44% des suffrages, l'ex-élu de la Sarthe est contraint de s'expliquer sur son programme, que d'aucuns comparent à la politique menée par l'ex-Première ministre Margaret Thatcher au Royaume-Uni dans les années 1980.

"Je m’amuse de voir que quand j’étais à 10% mon programme était formidable, y compris pour Alain Juppé. Depuis que je suis à 44%, c’est un programme ultra-réactionnaire et ultra-libéral", a-t-il ironisé.

Au centre des attaques de son challenger: son programme économique, notamment la suppression massive de fonctionnaires qu'il prévoit, et sur les questions de société, Alain Juppé mettant en particulier en exergue leurs différences sur l'avortement. 

"Entendre Alain Juppé dire que François Fillon voulait supprimer l’interruption volontaire de grossesse, ça m’a vraiment mis en colère", a-t-il confié.
"Ça fait trente ans que je suis parlementaire. Est-ce qu’une seule fois dans ma vie de parlementaire j’ai pris une position contre l’interruption volontaire de grossesse ? J’ai voté avec quelques très rares parlementaires de droite le dernier texte du gouvernement de gauche (réaffirmant l'importance du droit fondamental) à l’interruption volontaire de grossesse. J’ai redit récemment, dans un émission de télévision, que naturellement personne ne reviendrait sur cette interruption de grossesse", a assuré François Fillon.
"Je sais faire des différences entre ma position personnelle, ma foi et le bien public. Ça me semble être quelque chose de très important. J’ai toujours considéré que la religion n’avait pas à guider la vie de la République. Je suis pour une République laïque", a-t-il ajouté.

> Son programme, "seul à pouvoir éviter l’extrême droite"

Enfin, François Fillon a nié recevoir des soutiens de l'extrême droite, comme l'en avait accusé Alain Juppé quelques minutes plus tôt sur notre antenne.

"Cela me déçoit parce que je pensais qu’Alain Juppé, c’était quelqu'un qui avait une grande honnêteté intellectuelle. Il faudrait que ça s’arrête un peu. Je n’ai aucune alliance avec l'extrême droite. J'ai toujours battu l'extrême droite et je continuerai", s'est-il défendu.

Et comme le maire de Bordeaux, François Fillon a estimé être le rempart le plus efficace contre le Front national.

"D’ailleurs, je pense même que le programme que je propose est le seul à pouvoir éviter l’extrême droite. Parce que si on continue au fond avec des programmes qui au fond ne changent pas profondément la vie des Français, on va finir par avoir l’extrême droite. Parce qu’il y a un moment où les Français franchiront la limite."
Violette Robinet