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EDITO - Après Xavier Bertrand, qui est sur le départ chez LR?

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Le Baromètre des éditorialistes - Les éditorialistes de BFMTV reviennent sur le départ de Xavier Bertrand des Républicains, et sur les conséquences qu'une telle défection peut avoir sur le parti désormais dirigé par Laurent Wauquiez.

Alors que Laurent Wauquiez est désormais patron des Républicains, il doit faire face à sa première défection. Xavier Bertrand a annoncé qu'il quittait le parti lundi soir. "Non, je ne féliciterai pas Laurent Wauquiez pour sa victoire, car j'ai décidé de quitter définitivement Les Républicains", a-t-il déclaré, à la surprise de tous, sur le plateau de France 2, évoquant une décision "qui s'impose" à lui. Ce départ d'un des poids lourds du parti pourraît en entraîner d'autres. C'est ce qu'estiment les éditorialistes de BFMTV ce mardi.

Neumann
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> Laurent Neumann: "Des défections, il y en aura d’autres"

"Quel ascenseur émotionnel! Le dimanche soir il fête sa victoire au champagne et le lundi soir c’est déjà la soupe à la grimace. Oui le rassemblement n’est pas une sinécure chez Les Républicains. C’est important à plusieurs titres. D’abord parce que Xavier Bertrand est le premier à prendre cette décision mais tous les regards sont déjà tournés vers Valérie Pécresse, à qui Laurent Wauquiez a proposé la présidence du conseil national, c’est-à-dire le Parlement du parti. Est-ce qu’elle va dire oui? Est-ce qu’elle va prendre une décision similaire à celle de Xavier Bertrand? Que va dire Christian Estrosi? Et ce n’est pas le premier, il y a tous ceux qui sont déjà partis créer Agir, les constructifs avec l’UDI. L’UDI qui a déjà dit non à un accord avec Les Républicains dirigés par Laurent Wauquiez. Tous ceux qui sont déjà au gouvernement: Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, et les autres, qui sont déjà passés à En Marche. Le rassemblement n’est pas une sinécure. Cela nous dit qu’Emmanuel Macron a parfaitement réussi son opération explosion de la droite. Et ça va continuer, des défections, il y en aura d’autres. Et cela veut dire quelque chose aussi pour Xavier Bertrand. En privé, quand il décrit le profil de celui qui pourrait devenir un jour candidat à la présidence de la République, il dit ‘il faut un profil modeste, il faut être hors parti, et il faut surtout être un élu local’. Comme par hasard, cela correspond exactement à son profil. Cela veut dire que Laurent Wauquiez, en devenant patron des Républicains, pense déjà à 2022 et qu’il n’est plus tout seul: Xavier Bertrand doit commencer à y penser aussi". 

Barbier
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> Christophe Barbier: "Il devient difficile pour Wauquiez de reconstruire Les Républicains comme ils étaient"

"Il faut ne pas faire abstraction des conditions locales de Xavier Bertrand. Il est président des Hauts-de-France parce que la gauche s’est retirée, il a donc des comptes à rendre à cet électorat et il conçoit bien que désormais droite contre gauche, les vieux partis c’est fini. Donc ce laboratoire des Hauts-de-France joue beaucoup aussi dans sa décision. Il y a Xavier Bertrand qui est parti, il y a Alain Juppé dont on se demande ce qu’il va faire, il y a ceux qui ont déjà pris leurs distances, comme Valérie Pécresse. En effet, ça devient difficile pour Laurent Wauquiez de reconstruire Les Républicains comme ils étaient avant. A lui d’inventer autre chose. Il doit récupérer des jeunes qui restent des familles d’Alain Juppé, de Valérie Pécresse, etc. Il doit surtout sortir de ces étiquettes et considérer que l’effet décomposition de l’élection d’Emmanuel Macron n’est pas terminé à droite, qu’il faudra donc aller au bout de cette décomposition, avant de faire émerger une nouvelle droite. Mais attention, l’espace qui reste libre pour Laurent Wauquiez semble n’être qu’un espace à sa droite. Alors c’est peut-être suffisant pour exister comme opposition, mais ce sera insuffisant pour, le jour venu, jouer la bataille présidentielle. Et on voit bien que toutes ces aventures, celles de Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Christian Estrosi… sont à l’horizon 2022. Nous avons là une myriade de micro-formations. Evidemment, Emmanuel Macron va continuer à secouer la boule pour que la neige de droite ne retombe jamais. Il y aura encore d’autres départs à droite, la recomposition n’est pas terminée. Il y aura d’autres sujets dans l’actualité qui vont fracturer la droite: la réforme des retraites, la PMA, tout cela va constituer une immense diaspora qui va se réunir, mais quand? Peut-être au moment des Européennes, peut-être après 2022? Mais qui, quand, et pour quoi faire, c’est la question qui se pose à ceux qui quittent Les Républicains".

C.V.