BFMTV

Débat de la primaire à droite: ce qu'il faut retenir de la dernière confrontation

François Fillon et Alain Juppé, le 24 novembre 2016

François Fillon et Alain Juppé, le 24 novembre 2016 - Eric Feferberg - Pool - AFP

François Fillon et Alain Juppé se sont retrouvés, ce jeudi soir, pour l’ultime débat télévisé de la primaire de la droite. IVG, police, postes de fonctionnaires... autant de sujet pour essayer de trouver des différences à deux candidats de la même famille.

Jeudi soir, les deux candidats de la primaire se sont affrontés pour l'ultime débat avant le vote de dimanche. François Fillon et Alain Juppé se sont concentrés sur les sujets économiques et sociétaux. 

  • Un gouvernement "irréprochable"

"On ne peut pas diriger la France si on n’est pas irréprochable", a lancé François Fillon à son adversaire Alain Juppé, condamné en 2004 pour "prise illégale d’intérêt". "Les ministres et le président de la République ne doivent pas être mis en examen, et doivent avoir une attitude exemplaire."

Ce à quoi, Alain Juppé lui rétorque, "oui, j'ai été condamné. Mais je veux aborder cette question très clairement. J’ai assumé, j’ai payé, les Français m’ont renouvelé leur confiance." Avant d'ajouter que lui aussi souhaitait un gouvernement irréprochable. 

Un peu plus tard dans le débat, François Fillon a ajouté que malgré cette condamnation il avait "toujours pris position publiquement pour dire qu'il n'y avait aucun doute sur la capacité [d'Alain Juppé] à diriger le pays". 

  • Réduire le nombre de parlementaires

François Fillon veut faire un référendum sur le nombre de parlementaires. "Je vois mal les parlementaires voter une telle réforme", explique-t-il. Lui-même est entré dans les murs du Palais Bourbon en 1981.

  • ... et de fonctionnaires

Interrogé sur le temps de travail des fonctionnaires, François Fillon a réitéré sa proposition d'augmenter leur temps de travail et de supprimer 500.000 postes. "Tout le monde doit faire un petit effort", a estimé le candidat. Y compris les forces de police car "20.000 policiers ne vont jamais sur le terrain", lance François Fillon. 

  • Armer la police municipale

Puis, les deux candidats de la primaire de la droite et du centre ont été questionnés sur la "délinquance du quotidien". François Fillon, affirme "qu'il y a un problème de prévention". Pour ce faire, il souhaite redonner du pouvoir aux maires, armer la police municipale et lui permettre d'effectuer des contrôles d'identité.

  • Juppé et Fillon sur les barricades de Mai-68

Ce débat a aussi été l'occasion de découvrir que les deux candidats de la droite ont déjà manifesté. Trois fois chacun pour être exact. Interrogés par un internaute, ils ont raconté ces moments où ils sont descendus dans la rue

Et en Mai-68, François Fillon a lancé qu'il était "plutôt du côté de ceux qui ne voulaient pas travailler", quand Alain Juppé s'est "laissé emporter" par ce mouvement. 

L'IVG: "pas un droit fondamental" sur le plan juridique

François Fillon est revenu sur l’interruption volontaire de grossesse. A titre personnel, il s’est déclaré à plusieurs reprises "opposé". En revanche, jeudi soir, il a annoncé qu’il ne reviendrait pas sur la loi Veil. Il a alors accusé Alain Juppé d’avoir mené un procès contre lui, ce que son concurrent a démenti.

"Tu as écrit dans un livre que l’IVG était un droit fondamental. Puis, plus tard, tu as dit le contraire, donc je t’ai demandé quelle était ta position, interroge Alain Juppé. Moi je pense que c’est un droit fondamental. "

Ce à quoi, François Fillon lui répond:

"Sur le plan juridique, ce n’est pas un droit fondamental, pas dans la Constitution. C’est un droit essentiel sur lequel il n’est pas question de revenir, mais ce n’est pas un droit fondamental. ".
  • La France n’est "pas un pays multiculturel"

Si Alain Juppé assure que "l'identité de la France est sa diversité", François Fillon tranche. "Non, la France n'est pas une nation multiculturelle. La France a une histoire, une langue et une culture, qui se sont enrichie des apports extérieurs."Ce à quoi Alain Juppé a répondu :

"L'identité de la France, c'est d'abord sa diversité".

Dimanche, le second tour de la primaire de la droite et du centre devra déterminer qui de François Fillon ou d'Alain Juppé représentera le parti LR pour la présidentielle de 2017.

Elodie Hervé