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Crise UMP : derrière la guerre des chefs, les "non-alignés" en embuscade

Nathalie Kosciusko-Morizet

Nathalie Kosciusko-Morizet - -

Xavier Bertrand, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko Morizet tentent de ménager à la fois l'unité de leur parti et leurs ambitions personnelles,

Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko Morizet : derrière la guerre Copé/Fillon, ces trois quadragénaires tentent de ménager à la fois l'unité de leur parti et leurs ambitions personnelles, après avoir essayé de se présenter à la présidence de l'UMP.

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À l'origine de diverses tentatives de médiation, ces trois ex-ministres "non-alignés" (Xavier Bertrand, lui, était auparavant dans l'équipe Fillon) ont essuyé vendredi une charge de Rachida Dati sur BFMTV (pro-Copé) : "Pour moi ça ne veut rien dire 'non alignés'. C'est des moyens, des postures pour exister, donc il faut arrêter aussi avec ça, je n'y crois pas".

"Ils ont été des candidats qui ont été évincés [de la course à la présidence de l'UMP, NDLR], chacun joue sa carte. La parole doit être donnée aux militants", a-t-elle fustigé sur BFMTV.

"C'est à la tête de bouger"

Pour le moment, les trois ex-ministres (respectivement 39 ans pour NKM, 43 pour Le Maire et 47 pour Bertrand) préservent leurs ambitions en les mettant entre parenthèses, pour ne pas ajouter de la division à la confusion face à l'exaspération des militants et au risque réel d'un éclatement de l'UMP, avec ses quelque 300.000 adhérents et ses 20 à 30 millions d'euros de financement public annuel.

"Il n'y a pas de place pour les ambitions personnelles. Je suis diplomate de formation : en situation de crise, il n'y a pas de place pour des projections à long terme", avance Bruno Le Maire, ex-proche collaborateur de Dominique de Villepin au quai d'Orsay puis à Matignon entre 2002 et 2007.

"C'est à la tête [du parti] de bouger, de se mobiliser", a ajoute le député de l'Eure, qui redoute comme tant d'autres le maintien d'une UMP bicéphale.

Légitimité de Copé et Fillon affaiblie

Dans un appel à la base, après sa campagne pour une "UMP décentralisée", Nathalie Kosciusko Morizet a appelé ce week-end les militants à se réunir dans les permanences de l'UMP "pour appeler nos instances dirigeantes à organiser au plus vite un nouveau vote".

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Furieuse en octobre de n'avoir pu se présenter faute des parrainages nécessaires, NKM balaie la question d'une candidature en cas d'un nouveau scrutin à l'UMP: "La priorité n'est pas de savoir qui est candidat, mais de réaffirmer que les militants sont propriétaires du parti".

Quatre jours avant le scrutin explosif du 18 novembre, elle avait pris date en lançant son propre mouvement, la France droite, avec des propos prémonitoires devant la presse: "Beaucoup de ceux qui viennent ce soir nous disent 'cette élection nous inquiète, on a peur qu'elle laisse des cicatrices'".

À qui profite la crise, l'affaiblissement des légitimités de Jean-François Copé et François Fillon, et les échecs des médiations d'Alain Juppé et même de Nicolas Sarkozy? "A François Hollande et Marine Le Pen", répond Xavier Bertrand, qui avait renoncé à se présenter pour finalement soutenir François Fillon.

Xavier Bertrand propose lui aussi un nouveau vote, rapide, entre les deux mêmes candidats pour éviter "une nouvelle campagne". Avec des troupes derrière lui, et l'image d'un responsable en colère contre le "foutoir" actuel, l'ex-ministre peut attendre le tour suivant, le nouveau scrutin militant pour la présidence de 2015 et les primaires de 2016.

T.B.