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Copé contesté: "plus personne ne sait ce que pense l'UMP"

Jean-François Copé

Jean-François Copé - -

Crise de leadership dans le parti d'opposition où les stigmates de la crise de la présidence semblent toujours présents. Le débat sur le mariage homo a laissé entrevoir de nouvelles fractures.

Jean-François Copé, élu président de l'UMP dans des circonstances troubles en novembre dernier, est aujourd'hui contesté dans son camp.

"Nous avons trop de désordre en ce moment à l'UMP. [... ] Il y a un problème de leadership, c'est ça qu'il faut corriger", a ainsi déclaré Laurent Wauquiez dimanche soir sur BFMTV, regrettant les époques Sarkozy ou Juppé pour le parti d'opposition.

Wauquiez, Accoyer, Le Maire... ça balance

"Nous [l'UMP] ne sommes pas encore crédibles parce que nous n’avons pas pris la mesure de la défaite de juin 2012. Quand on a une défaite aussi lourde, on se remet au travail", a balancé le député Bruno Le Maire dans L'Opinion.

L'ancien président de l'Assemblée, Bernard Accoyer a renchéri, évoquant "un problème de gouvernance" à l'UMP. Le parti a été "dépecé en deux morceaux en novembre dernier. Il n'y a pas d'instance qui arrête la ligne. Entre la droite forte, François Fillon, Jean-François Copé, plus personne ne sait ce que pense l'UMP".

En cause selon lui, il y a notamment l'accord passé entre Jean-François Copé et François Fillon qui a constitué un bureau très élargi au parti, ce qui le rend ingouvernable. Les deux hommes devaient se réunir à nouveau ce lundi, en fin de journée.

Une grogne plus stratégique qu'idéologique

Pourtant, le mariage homosexuel n'a pas constitué une vraie ligne de fracture à l'intérieur de l'UMP. Aussi bien des copéistes que des fillonistes - mais pas François Fillon - ont manifesté dimanche. De plus, la plupart des ténors du parti sont pour "réécrire" la loi en cas d'alternance en 2017.

Encore que le sens de cette réécriture demeure flou, Jean-François Copé, François Fillon ou encore Bruno Le Maire évoquant "la ligne rouge" que constituerait à leurs yeux le fait de légiférer sur la Procréation médicalement assistée (PMA) et la Gestation pour autrui (GPA).

La grogne serait donc plus stratégique qu'idéologique. Notamment sur la question des opposants au mariage pour tous, auxquels Jean-François Copé a tendu la main dimanche.

"Il n'y a pas de volonté de récupération et Jean-François Copé a eu raison de (le) dire", il y a "en revanche le souhait d'accueillir ceux qui partagent pour l'essentiel les mêmes convictions. Ca me paraît assez normal et sain dans une démocratie", l'a défendu Brice Hortefeux.

"Il n'y a pas de problème Copé à l'UMP", a déminé Nadine Morano sur BFMTV lundi soir. "Mieux que les petites phrases, il faut se concentrer sur la politique désastreuse de la gauche".

Mais encore une fois, Laurent Wauquiez a marqué sa différence: "Je suis l'un des rares à être pour l'abrogation (de la loi Taubira). On ne va pas rejouer les 35 heures, qu'on devait supprimer et qu'on n'a pas supprimées!", s'exclame-t-il.

A part ça, Laurent Wauquiez pourrait, en cas de nouveau vote pour la tête du parti, s'opposer à Jean-François Copé pour la place du chef de l'UMP. Ca ne serait pas avant les municipales de 2014. Le temps risque d'être long dans l'opposition.

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S. A. avec AFP