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Congrès UMP : le spectre de la fraude

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Alors que les militants UMP s’apprêtent à choisir dimanche la nouvelle équipe dirigeante du parti, le parti prend ses précautions pour éviter les contestations.

A deux jours du vote militant pour désigner le futur leader de l’UMP, tensions, craintes de fraude et suspicions sont palpables dans les camps de Jean-François Copé et François Fillon.

Pourtant, le parti a prévu une journée du 18 novembre placée sous le signe de la transparence, afin de ne surtout pas reproduire "les errances des élections socialistes".

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Le spectre du congrès de Reims de 2008

Interrogé vendredi sur les craintes de fraude dans l’élection de dimanche, Laurent Wauquiez a estimé sur I-télé que c’était le "devoir" de tous que de "s'assurer que cette élection soit exemplaire et qu'on ne tombe pas dans ce qu'ont été les errances des élections socialistes, où il y a eu des fraudes massives", accuse-t-il.

L’ex-ministre UMP, et soutien de François Fillon, fait allusion au congrès du Parti socialiste de Reims en 2008, où l’élection de Martine Aubry à la tête du parti avait été vivement contestée. Le conseil national du parti a validé l'élection de Martine Aubry avec seulement 102 voix d'avance sur sa concurrente Ségolène Royal, soit 50,04 % des suffrages exprimés.

"Il nous revient d'être exemplaires"

Résultat, l’UMP est bien déterminée à afficher des élections saines, en dépit d’une fin de campagne tendue entre les deux candidats. Pour cela, le parti a prévu de jouer la transparence en mettant à disposition un guide électoral établi par sa Commission d’Organisation et de Contrôle des Opérations Électorales (COCOE).

Ce sera "un grand moment de démocratie interne" pour le président de la commission et le parti à qu’il "revient d’être exemplaires, autant dans l’organisation que dans la participation", s’est-il réjoui en préface du guide.

Dans ce manuel du parfait "petit" votant, sont détaillés la composition des bureaux de vote, l’organisation matérielle, les conditions du scrutin et le déroulement du dépouillement. Et de préciser que celui-ci se tiendra en présence de l’huissier de justice mandaté par la Commission.

Le cas niçois

Dimanche, la fédération des Alpes-Maritimes, avec ses 12.000 adhérents, risque bien d’attirer toutes les attentions. Alors que Jean-François Copé fait allusion à d’éventuelles irrégularités de vote dans le département (Eric Ciotti étant président du Conseil général du département et directeur de la campagne de Fillon), Christian Estrosi, maire de Nice et autre soutien de l’ancien Premier ministre, a riposté. "Si Jean-François Copé craint des fraudes, c'est qu'il n'a pas confiance dans sa secrétaire générale" (Michèle Tabarot-ndlr), a-t-il lancé le 11 novembre.

En effet, l'autre litige vient du rôle du secrétaire départemental dans le déroulement du scrutin. Celui-ci sera chargé de centraliser les résultats des bureaux de vote de sa fédération avant de les transmettre à la COCOE. Or, dans les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône, les secrétaires départementaux, Michèle Tabarot et Bruno Gilles, font tous deux partie du camp Copé.

Mais, pour Patrice Gélard, le président de la Commission, "dès lors qu'un représentant des deux camps est présent à chaque étape du vote et paraphe tous les documents, le risque de fraudes est minime" a-t-il assuré au Le Figaro.

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Mélanie Godey