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Bygmalion: pas moins de 17 millions dissimulés par l'UMP, selon "Mediapart"

Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting le 1er mai 2012 au Trocadéro.

Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting le 1er mai 2012 au Trocadéro. - -

Le site d'investigation publie la comptabilité complète des meetings de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Les chiffres sont accablants. L'avocat de Bygmalion estime que ces révélations "confirment et affinent" ce qu'il avait déjà avancé en mai dernier.

Un dépassement de 17 millions d'euros. Selon les révélations de Mediapart, un système de double facturation entre l'UMP et son prestataire Bygmalion aurait été mis en place à l'époque de la campagne du "candidat" Sarkozy en 2012. Ce dispositif aurait ainsi permis au parti de masquer un dépassement de plus de 17 millions d'euros du plafond autorisé des frais de campagne.

Une clé USB, contenant un tableau reproduisant la comptabilité interne du parti, a été saisie le 26 mai dernier par la police judiciaire, et consultée par Mediapart. On y voit apparaître le présumé montage financier, avec la double facturation: d'un côté, les prix facturés officiellement à Bygmalion pour les 44 meetings de l'ex-chef de l'Etat. Et de l'autre, les sommes réellement dépensées par l'UMP pour ces "shows" gigantesques.

Ainsi, selon le tableau révélé par Mediapart, le meeting tenu à Toulouse le 29 avril 2012 n'a officiellement coûté que 183.214 euros aux yeux de la Commission des comptes de campagne, alors qu'en réalité il aurait coûté 895.374 euros.

"C'est effectivement peut-être plus", lâche l'avocat de Bygmalion

Joint par BFMTV.com, Me Patrick Maisonneuve, avocat de Bygmalion, ne dément pas ces affirmations. "Manifestement, Mediapart a eu accès aux éléments actuellement exploités par les enquêteurs. Cela confirme et affine ce que j'avais déjà dit", indique l'avocat, qui avait révélé le 26 mai dernier que de fausses factures avaient été rédigées par l'UMP pour le compte de son client, l'agence Bygmalion.

L'avocat avait alors évoqué un montant de plus de 10 millions d'euros, contre 17 millions selon Mediapart. "Je ne dis pas que leurs chiffres sont faux: c'est effectivement peut-être plus que 11 millions, c'est possible", lâche Me Maisonneuve.

Un plafond légal de dépenses largement dépassé

Au total, pour les 44 meetings, la différence serait de plus de 17 millions d'euros, versés au coup par coup à l'agence pour des conférences fictives de l'UMP, avance le site.

Pourquoi, si cette somme est avérée, avoir voulu masquer ces frais de campagne? La raison est simple: le plafond légal de dépenses pour un candidat à la présidentielle est fixé à 22,5 millions d'euros. En tenant compte de ces présumés frais cachés, selon Mediapart, l'UMP aurait dépensé près de 39 millions d'euros pour son candidat. Pour le moment, le parti n'a pas encore officiellement réagi, pas plus que l'avocat de Bygmalion, Me Patrick Maisonneuve.

Alexandra Gonzalez