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Affaire Buisson: "comment Sarkozy s'est-il laissé berner?"

L'ancien président Nicolas Sarkozy et son ancien conseiller Patrick Buisson

L'ancien président Nicolas Sarkozy et son ancien conseiller Patrick Buisson - -

REVUE DE PRESSE - Pour les éditorialistes de la presse française jeudi, les révélations des enregistrements réalisés par Patrick Buisson à l'insu du président de la République le décrédibilise. Ils fustigent aussi un "conseiller obscur", "nostalgique de Maurras".

L'affaire des enregistrements réalisés par Patrick Buisson éclabousse avant tout celui qui l'a promu dans le premier cercle du pouvoir, Nicolas Sarkozy, qui s'est laissé berné par "un petit milicien", estiment jeudi de nombreux éditorialistes.

Cette affaire "pathétique" est avant tout "un camouflet [...] cinglant" pour Nicolas Sarkozy qui "ne pourra échapper ni au ridicule de ces révélations, ni au climat délétère dont elles témoignent" estime Le Monde. "L'affaire de trop", ajoute Ouest France quand La Dépêche du Midi s'étonne de la "naïveté très étonnante de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant".

L'ex-Chef de l'Etat a été "manipulé comme une marionnette par le grand manitou des droites extrêmes", attaque la Charente Libre. "L'affaire éclabousse l'ancien président qui a accordé une confiance marquée à un individu inquiétant", ancien directeur de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, assure les Dernières Nouvelles d'Alsace.

"La droite crie 'au vol et au viol'"

"Comment Sarkozy s'est-il laissé berner par ce conseiller obscur?", s'interroge L'Est Républicain. Patrick Buisson "portait pourtant tous ses défauts en façade: sa nostalgie pour Maurras, son obsession antirépublicaine, son mépris des fondements et de l'héritage de la révolution française, son désir d'ordre, ses fantasmes racistes. Il ne lui manquait plus que ce premier rôle de petit milicien rompu dans l'art du baiser de Judas".

"La droite, piégée par ce relaps des réseaux Algérie française, ce sectataire maurassien, crie 'au vol et au viol (Guaino)', feignant de découvrir des pratiques qu'elle ne pouvait pas ignorer, au regard de son pedigree", détaille La Nouvelle République.

"Finalement", conclut L'Alsace, "c'est à l'extrême droite, que Patrick Buisson a probablement rendu le plus grand service" à la veille des élections municipales et européennes. Mais son "attitude", affirme Libération, "n'est au fond que l'illustration d'un pouvoir dévoyé, fondé sur le cynisme et le mépris de l'Etat de droit"

S.A. avec AFP