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Les Républicains: les reproches de Virginie Calmels à Laurent Wauquiez

Virginie Calmels en mars 2018

Virginie Calmels en mars 2018 - Joël Saget-AFP

Dans une interview au Parisien - Aujourd'hui en France, la vice-présidente des Républicains adresse ses critiques à Laurent Wauquiez, regrettant qu'il défende sa propre ligne au lieu d'un rassemblement de la droite.

La numéro 2 de LR prend ses distances avec le parti. Virginie Calmels, première vice-présidente des Républicains, reconnaît dans une interview au Parisien - Aujourd'hui en France des tensions avec Laurent Wauquiez, le président de LR.

"Elles existent, c'est vrai, mais uniquement pour des questions de fond. Je suis convaincue que la droite peut renouer avec sa grandeur et ses valeurs, loin de la médiocrité des raisonnements simplistes et irréalistes que font les extrémistes", déclare la conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine.

"Ceux qui jouent sur les peurs pour se faire élire"

Virginie Calmels a été rappelée à l'ordre par Laurent Wauquiez après ses critiques d'un tract intitulé "Pour que la France reste la France". Elle avait regretté qu'il n'ait pas été validé par les instances dirigeantes du parti, dénonçant "un dysfonctionnement". Et avait également jugé ce tract "déséquilibré" ainsi que "inutilement anxiogène".

La numéro 2 du parti maintient d'ailleurs ses critiques à l'égard de ce document. Elle assure avoir "surtout déploré qu'il n'y ait pas de débat préalable sur ce document, nous plaçant devant le fait accompli". Si elle indique que le slogan ne lui pose "pas de problème", elle regrette que "la page 2, sur le risque terroriste, les immigrés, la délinquance" soit "exactement la rhétorique de ceux qui jouent sur les peurs pour se faire élire".

"Laurent Wauquiez veut d'abord défendre ses propres idées"

Selon elle, "Laurent Wauquiez veut d'abord défendre ses propres idées, même si elles ne sont pas adoptées par tous". Elle le répète à deux reprises: "Il veut imposer sa seule ligne". Puis poursuit ses critiques à son égard. "Il estime qu'il doit son élection qu’à sa seule présence. Je ne partage pas cette vision." Et ajoute:

"Il estime que sa victoire à la tête du parti a validé sa ligne. Or, les ateliers de la refondation (...) nous ont révélé qu'ils demandent à la droite d'être d'abord réformatrice, puis libérale et enfin gaulliste."

Le "soutien" et "l'amitié" de Nicolas Sarkozy

La responsable politique estime de plus que LR "emprunte le vocabulaire de Mélenchon". "Ce n'est pas parce qu'Emmanuel Macron penche vers nos idées, qu'on doit se déporter plus vers la droite. Pour moi, c'est un chemin qui est voué à l'échec", déplore encore Virginie Calmels, qui écarte toute candidature aux élections européennes. Elle se range d'ailleurs derrière l'avis de Nicolas Sarkozy qui souhaite que Laurent Wauquiez soit tête de liste.

Au sujet de l'ancien président de la République, la numéro 2 remarque qu'il serait "avisé de l'écouter", car selon elle, "il reste le président de cœur de cette famille politique". Concernant leurs relations, Virginie Calmels indique le consulter "régulièrement" et que ce dernier l'a "toujours assuré de son soutien et de son amitié".

Pourrait-elle quitter la direction du parti? "Il faut que tout le monde fasse des efforts (...) Je crois encore que Laurent peut parvenir à créer le rassemblement en revenant à une façon de faire qu'il a su développer pendant la campagne", répond Virginie Calmels. "On va voir comment les choses vont se passer dans les semaines à venir", conclut-elle.

Céline Hussonnois-Alaya