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Les Bordelais font leurs adieux à Alain Juppé

Habituée à la figure tutélaire de l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, à la tête du conseil municipal depuis 1995 presque sans interruption, la population bordelaise fait part de son désarroi.

Après les larmes d'Alain Juppé, celles des Bordelais? Fraîchement nommé au Conseil constitutionnel, l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac doit faire ses adieux à ses administrés, ce jeudi après-midi dans la cour de l'hôtel de ville.

Pour certains Bordelais, ce départ a quelque chose d'irréel: Alain Juppé est l'édile incontesté de la ville depuis 1995, année de sa première élection. Hormis un hiatus entre 2004 et 2006, le temps son "exil" au Canada, l'ancien candidat à la primaire présidentielle de la droite en 2016 aura gouverné Bordeaux sans discontinu pendant 21 ans. 

"Pour lui tant mieux"

"Je suis triste, mais pour lui tant mieux, il sera pas plus mal" au Conseil constitutionnel, sourit une septuagénaire bordelaise interrogée par BFMTV. "Il verra autre chose", poursuit-elle.

La longévité d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, même si elle est sans commune mesure avec celle de son prédécesseur Jacques Chaban-Delmas (maire pendant 47 ans), aura marqué les esprits. Y compris le sien: en ont témoigné ses premiers adieux, prononcés il y a trois semaines. Le 1er mars, l'ancien locataire de Matignon a déclaré se sentir "libre", désormais.

Florian prend ses marques

Plusieurs Bordelais iront dire au revoir une dernière fois à Alain Juppé dans la cour de l'hôtel de ville, où son successeur par intérim, Nicolas Florian, commence à prendre ses marques. 

Ému de siéger dans un bureau "chargé d'histoire", l'ex-adjoint aux Finances de Bordeaux a fait part de son sentiment à BFMTV:

"Ça m'a fait tout drôle d'arriver dans un bureau sans Alain Juppé, (...) donc c'est quand même un peu d'émotion", reconnaît-il. 

Au Parisien, il déclare être "un juppéiste primaire, secondaire et tertiaire" et évoque "une relation quasi filiale" avec celui qu'il peut désormais qualifier de prédécesseur. 

Jules Pecnard avec Vincent Hénin et Charlotte Mesurolle