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Législatives: les coups de fil de soutien de Hollande aux battus du premier tour

François Hollande

François Hollande - JOEL SAGET / AFP

François Hollande a appelé les battus socialistes du premier tour des législatives pour les réconforter... et faire passer ses messages.

Il n'a pas raccroché, surtout pas son téléphone: alors que le Parti socialiste essuyait dimanche un revers électoral historique dès le premier tour des législatives, l'ex-président François Hollande a appelé les battus de son camp pour les réconforter, révèle Le Parisien

"Il les a appelés pour échanger avec eux et les réconforter", glisse un de ses proches. François Hollande, qui s'était discrètement impliqué dans la campagne, "a appelé tout le monde, tous ceux dont il pense qu'ils auront un rôle à jouer", raconte l'un de ses interlocuteurs.

"On a fait un large tour d'horizon, comme on dit. Il a toujours une très bonne connaissance de la carte électorale."

Le message? "Eviter de laisser penser que La République en marche est en train de nous remplacer et de devenir un parti de gouvernement." Difficile, quand le parti présidentiel semble en mesure d'obtenir une majorité absolue historique à l'Assemblée nationale, et le Parti socialiste seulement en tête dans 23 circonscriptions.

Un battu confie la teneur de leur conversation: 

"Il m'a rassuré, en m'expliquant qu'il était impossible de résister et qu'il ne s'agissait pas de ma défaite personnelle. Je n'ai pas osé lui demander de qui c'était la défaite alors..." Gérard Filoche ne prend pas ces précautions pour dénoncer la responsabilité du président "normal" dans cette déroute.

Cet énième revers - depuis 2012, le Parti socialiste enchaîne les défaites - ne décourage pas l'ancien chef de l'Etat. "Hollande n'était pas là pour me consoler mais pour parler politique. Il était égal à lui-même. À fond." L'ancien premier secrétaire du PS ne s'en cache pas: il est loin d'avoir renoncé à la politique. "Il m'a semblé qu'il était déjà dans la préparation d'un possible retour", relate le même candidat malheureux. Une ambition qui n'avait pas réussi à son prédécesseur à l'Élysée, Nicolas Sarkozy.

Louis Nadau