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Le PS se lance dans la bataille des idées face à la droite

Martine Aubry a défendu mardi une "gauche qui ne s'excuse plus d'être de gauche" en présentant la matrice du nouveau projet du Parti socialiste français. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

Martine Aubry a défendu mardi une "gauche qui ne s'excuse plus d'être de gauche" en présentant la matrice du nouveau projet du Parti socialiste français. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler - -

Martine Aubry a défendu une "gauche qui ne s'excuse plus d'être de gauche" en présentant la matrice du nouveau projet...

par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - Martine Aubry a défendu une "gauche qui ne s'excuse plus d'être de gauche" en présentant la matrice du nouveau projet du Parti socialiste français.

A mi-chemin entre la déclaration de principes et le programme présidentiel, le "parlement" du PS a validé un texte préparé depuis l'été dernier pour un "nouveau modèle de développement économique, social et écologique".

Compilé par le député Pierre Moscovici, ce socle de propositions, que les militants sont appelés à approuver le 20 mai, précède les travaux de trois autres conventions, sur la rénovation du PS, "l'égalité réelle" et les relations internationales.

"Pour nous, 2010 sera l'an I de la reconquête" sur le chemin de la prochaine élection présidentielle, a déclaré Martine Aubry devant les cadres du parti réunis à La Mutualité, à Paris.

Inventer de nouvelles réponses, "cela suppose non pas une rustine ici ou un pansement là mais un nouveau modèle de société", a-t-elle dit. "Notre ambition n'est pas d'être élus par le rejet qu'inspire la droite mais d'être choisis pour nos valeurs et notre projet".

Le texte de 27 pages, qui a été adopté lundi soir à l'unanimité par le Bureau national du PS, son organe exécutif, met un coup de barre à gauche.

Le PS propose, entre autres, d'augmenter le coût des licenciements économiques "dans les entreprises florissantes" et d'instaurer un remboursement des aides publiques en cas de licenciement.

Les socialistes envisagent la mise sous tutelle judiciaire d'une entreprise qui emploierait des "pratiques manifestement contraires à l'intérêt de l'entreprise, menaçant volontairement sa pérennité".

"VIEILLES LUNES"

Comme en 2002 et en 2007, le PS dit que, s'il revient au pouvoir en 2012, il remplacera l'impôt sur le revenu et la Contribution sociale généralisée (CSG) par un "grand impôt citoyen sur le revenu, plus large, plus progressif et donc plus juste".

La crise étant "totale, notre projet doit être global", a souligné Martine Aubry.

Pour que la finance "soit de nouveau au service de l'économie", les socialistes veulent séparer les banques de dépôts et d'investissements et limiter "fortement" les activités spéculatives risquées.

Autant de propositions qui fondent une "gauche solidaire (...) qui ne s'excuse pas d'être de gauche dans une crise qui a donné raison à ses analyses", a résumé Martine Aubry.

Pour Benoît Hamon, porte-parole du PS, "les socialistes proposent l'espoir" contre un gouvernement "pour les privilégiés, par les privilégiés et au nom des privilégiés".

Sans aller jusqu'à proposer des amendements, qui auraient été interprétés comme autant de fissures dans l'unité du parti, François Rebsamen a mis en garde le PS contre le "retour des vieilles lunes", comme par exemple un trop grand interventionnisme de l'Etat.

"Le retour à l'Etat providence ne peut pas être le point central du projet du Parti socialiste", a déclaré le sénateur-maire de Dijon.

Ce texte n'est qu'une "trame de départ", a souligné l'ancien Premier ministre Laurent Fabius. "C'est une base de travail entre la matrice et le programme", a renchéri l'ancien ministre de l'Economie Michel Sapin.

Charge au futur candidat présidentiel, qui doit être élu lors de primaires internes, de remodeler le texte et l'adapter à la situation de la France en 2011.

Edité par Gilles Trequesser