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Le FN va tenter d'entrer au Sénat

David Rachline et Stéphane Ravier, respectivement maires de Fréjus et du 7ème secteur de Marseille, portent les espoirs du FN aux sénatoriales.

David Rachline et Stéphane Ravier, respectivement maires de Fréjus et du 7ème secteur de Marseille, portent les espoirs du FN aux sénatoriales. - Bertrand Langlois-Jean-Christophe Magnenet - AFP

Après ses bons scores aux élections municipales et européennes, le FN veut désormais investir la chambre haute pour la première fois de son histoire. Pour cela, le parti mise sur son fief du sud-est, où David Rachline et Stéphane Ravier sont repartis en campagne.

L’appétit vient en mangeant. Après la sensation des élections municipales, et plus encore des européennes, le Front national veut de nouveau concrétiser dans les urnes sa progression dans les sondages.

Mais cette fois, le problème est tout autre, puisqu'il s’agira de convaincre les grands électeurs de propulser l’un de ses membres – voire plusieurs- en direction de la chambre haute, pour la première fois de l’histoire. Pour cela, le parti de Marine Le Pen compte bien profiter de sa récente implantation dans le sud-est, notamment dans le Var et les Bouches-du-Rhône.

Vers un duel entre Samia Ghali et Stéphane Ravier à Marseille

Car du côté de Marseille, la lutte promet d’être serrée et Stéphane Ravier, le maire du 7ème secteur de la ville, compte bien réaliser un nouveau tour de force. "Mes chances sont réelles", assure-t-il, même s’il estime que "ce sera serré entre (Samia) Ghali et moi". La candidate socialiste aura en effet fort à faire, alors que l’impopularité gouvernementale est à son comble et que Jean-Noël Guerini, qui mène une liste indépendante, nourrit une rancune tenace à son encontre.

Malgré tout, un cadre national du FN estime en privé que "ce sera compliqué pour Stéphane Ravier, car Jean-Noël Guerini et Jean-Claude Gaudin vont une nouvelle fois faire leur petite tambouille. Ce serait une bonne surprise, mais David Rachline a plus de chances".

David Rachline va "aimanter les voix"

Pour profiter de la dynamique des municipales, c’est en effet le jeune maire de Fréjus qui conduira la liste frontiste dans le Var. Là aussi, le scrutin s’annonce serré. Si son entourage se montre confiant pour glaner "au moins 300 voix", reste à savoir si la barre des 390, synonyme d’accession à un poste de sénateur, sera franchie.

Lors de la campagne, l’élu a "multiplié les contacts, les rendez-vous", et assure avoir reçu un "très bon accueil". Les thèmes abordés, eux, n’ont pas été choisis au hasard: baisse des dotations aux collectivités, réglementations administratives trop strictes, réforme territoriale etc. 

De quoi capitaliser sur "un taux de mécontentement généralisé" au sein des petites communes, selon Michel Guiniot, élu frontiste de Noyon (Oise) et chargé de superviser les sénatoriales pour le parti. Lui fait le pari de voir dimanche le FN remporter un siège "dans le seul temple de la République" où il ne compte pas d’élu. 

Le FN pour la première fois confronté au cumul des mandats

Quant au choix de David Rachline déjà titulaire de deux mandats de conseiller régional et de maire, il ne semble pas poser de problème. Au contraire, selon le cadre frontiste, sa candidature dans la foulée des municipales devrait "aimanter les bulletins de vote".

L’intéressé, de son côté, indique qu’il abandonnera l’un de ses postes en cas d’élection. "Je suis très attaché à mon mandat de maire, je démissionnerai donc certainement du Conseil régional". Stéphane Ravier, de son côté, assure également qu’il quittera la Région en cas d’élection.

Symbole de son ascension, le Front national est désormais confronté au problème du cumul des mandats. Signe également d’une évolution de tous les instants: l’importance que semblent revêtir les élections de dimanche, qui tranche avec les propos de Marine Le Pen en janvier dernier. La présidente du parti militait alors pour la suppression du Sénat, pointant "une inflation d’élus" et se demandant "à quoi sert aujourd’hui" le palais du Luxembourg.

Yann Duvert