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Le camp Hidalgo reproche "l’exagération" de Bruno Julliard et défend une majorité "solide"

Bruno Julliard et Anne Hidalgo à Paris en octobre 2013.

Bruno Julliard et Anne Hidalgo à Paris en octobre 2013. - Joël SAGET / AFP

La majorité d'Anne Hidalgo monte au créneau au lendemain de la démission de Bruno Julliard. Son nouveau premier adjoint, Emmanuel Grégoire, dénonce les mots "injustement forts" de son prédécesseur et prend la défense de la maire de Paris.

La démission de Bruno Julliard lundi a fait l'effet d'un électrochoc. Le premier adjoint de la maire de Paris, à ses côtés depuis une dizaine d'années a claqué la porte de l'Hôtel de ville dénonçant de "vifs désaccords" et les méthodes d'Anne Hidalgo.

Ce mardi, Emmanuel Grégoire nommé à la place de Bruno Julliard assure la défense de la maire de Paris dans une interview au Parisien. S'il dit respecter la décision de Bruno Julliard, il explique trouver "ses mots injustement forts".

"Dans les reproches qu'il formule à l'égard de notre équipe municipale, il y a une forme d'exagération que je ne crois pas conforme à la réalité", estime-t-il. 

La majorité y voit une décision "personnelle"

Si l'opposition municipale voit dans cette démission "l'échec" d'Anne Hidalgo, pour son nouveau premier adjoint, le départ de Bruno Julliard est davantage personnelle que politique. "On comprend qu'il y a une dimension très personnelle, un désenchantement de la politique, une lassitude, l'envie de tourner la page". 

Jean-Louis Missika, adjoint chargé de l'urbanisme fait auprès de l'AFP le même constat: "Il y a une sorte de spleen chez Bruno, un désenchantement de la politique (...). C'est quelqu'un qui s'en va et qui arrête. Il a eu besoin de le justifier".

Une équipe encore "soudée" autour d'Anne Hidalgo? 

Tous reconnaissent malgré tout ce "coup dur" que représente le départ fracassant de Bruno Julliard. Après des déboires sur de nombreux dossiers, Vélib', Autolib', les voies sur berges ou encore le contrat publicitaire avec JCDecaux, Anne Hidalgo doit encaisser le départ de son adjoint. La maire de Paris dispose-t-elle encore vraiment d'une majorité? Emmanuel Grégoire répond par l'affirmative. 

"Oui, Anne Hidalgo a une majorité, de gauche, progressiste, solide car fidèle au contrat de mandature. Je ne veux pas dire que tout est simple mais on est une équipe soudée dans l'exécutif", assure-t-il dans Le Parisien

"Elle n'a jamais été aussi renforcée", ajoute sur BFM Paris Christophe Girard, qui succède à Bruno Julliard à la Culture qui dénonce un départ "mis en scène" par son prédécesseur. Pour la maire PS du 10e arrondissement, Alexandra Cordebard, la maire de Paris a aussi les Parisiens de son côté. 

"Sur beaucoup de sujets, les sujets les plus importants pour Paris, le plan climat, notre travail pour la préservation de la qualité de l'air, notre travail pour faire en sorte qu'il y ait moins de circulation automobile, les Parisiens y adhèrent", défend-elle sur BFM Paris. 

En tournant le dos à Anne Hidalgo, Bruno Julliard a dit espérer provoquer "un sursaut". C'est ce que souhaite David Belliard, chef des écologistes au Conseil de Paris et membre de la majorité municipale.

"Bruno Julliard pose un certain nombre constats, oui il y a des problèmes concernant l'exécution d'un certain nombre de contrats", admet-il sur BFM Paris.

Il réclame désormais "plus de discussions" avec les membres de la majorité mais aussi avec les Parisiens. "Sur cette dernière partie de mandat, il ne faut pas se louper sur les questions de démocratie", prévient l'élu écologiste.

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Anne Hidalgo

Carole Blanchard