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Le cadeau d'Emmanuel Macron aux chasseurs

Le permis de chasse devrait passer de 400 à 200 euros au 1er juillet 2019.

Pendant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a fait d'importants efforts pour s'attirer la sympathie des chasseurs, qui représentent un électorat non négligeable. Et pour cause, en France ils représentent en 2017 1,2 million de personnes. En mars 2014, il est allé à leur rencontre pour délivrer un "discours de développement de la chasse en France". L'occasion d'évoquer une pratique selon lui "formidable" et de lancer l'idée d'un retour des chasses présidentielles, "fascinantes", une pratique héritée de la monarchie et abolie sur le papier par Nicolas Sarkozy en 2010.

Plus d'un an plus tard, le chef de l'Etat, accusé d'être "le président des villes", n'a pas oublié les chasseurs. Dans le cadre d'une réforme globale, il s'apprêterait à leur faire un cadeau symbolique, décidée à l'Elysée le 15 février dernier: réduire de moitié le coût du permis de chasse national, qui passerait d'environ 400 euros actuellement à 200 euros. Une décision qui serait inscrite dans la prochaine loi de finance à l'automne 2018 et qui entrerait en vigueur au 1er juillet 2019, d'après les informations du Figaro.

Attirer de nouveaux adeptes

Une décision symbolique qui réjouit les chasseurs, et qui permettrait de rapprocher le prix du permis national de celui du permis départemental, autour de 120 euros. Deux fois moins cher, il permettra une meilleure mobilité sur le territoire, mais aussi d'attirer de nouveaux adeptes. De nombreux chasseurs estiment en effet que le prix du permis est un frein majeur à l'expansion de leur pratique. 

"Le fait de baisser le permis va donner l’idée à des gens qui font aussi d’autres activités: qui font du tennis, du football ou du rugby, et qui se diront, puisque ce n’est pas si cher que ça, on peut plus facilement passer l’examen sans être obligé de bloquer une semaine", explique Thierry Coste, lobbyiste de la chasse, interrogé sur BFMTV.

Une mesure "indécente"

Du côté des défenseurs des animaux, c'est l'incompréhension qui prime. "On veut tuer davantage alors que la biodiversité s’effondre? C’est tout à fait indécent. On va donner des avantages financiers aux chasseurs alors qu’on n’en donne pas aux protecteurs de la nature, c’est inacceptable", estime sur notre antenne Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux.

Au total, cette baisse engendrerait un manque à gagner de 18 millions d'euros dans les caisses de l'Etat. Mais pour le sénateur LaREM François Patriat, qui était à l'Elysée le 15 février en compagnie du président de la fédération nationale des chasseurs, le coût sera compensé par la création de nouveaux permis. 

"Ayant plus de permis, ça n’a pas de coût puisque le nombre de permis supplémentaires permettra de combler la différence. C’est avant tout un souci de démocratisation de la chasse, à destination des plus jeunes chasseurs notamment", explique-t-il à Public Sénat
C.V. avec Alexandra Drieghe et Jean-Baptiste Graziani