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La visite au Puy-en-Velay a-t-elle été un électrochoc pour Emmanuel Macron?

Des gilets jaunes devant la préfecture de Haute-Loire au Puy-en-Velay

Des gilets jaunes devant la préfecture de Haute-Loire au Puy-en-Velay - Thierry Zoccolan - AFP

Selon certains de ses proches, cet épisode aurait marqué un tournant dans la vie politique du président de la République.

Sa brève rencontre avec des Français en colère aurait laissé un goût amer à Emmanuel Macron. Quelques jours après que la préfecture de Haute-Loire au Puy-en-Velay ait fait l'objet de nombreuses dégradations et avait été partiellement détruite par un incendie en marge d'une manifestation de gilets jaune, le locataire de l'Elysée avait organisé une visite surprise des lieux. 

Là, il était attendu par de nombreux manifestants qui lui ont réservé un accueil plutôt corsé, rythmé par une série de "Macron démission" et par plusieurs insultes. Sa voiture avait également été coursée par plusieurs personnes. 

"Il faut l'avoir vécu"

Et comme le rapporte RTL, cet incident n'aurait pas laissé le président de la République indemne. Certains de ses proches, dont le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, affirment même que cette soirée a été un "électrochoc." 

"Les yeux injectés de sang, le peuple qui veut votre peau, il faut l’avoir vécu" explique-t-il, faisant référence à une épisode similaire lors de son mandat de ministre de l'Agriculture (2009-2012).

Rester proche des Français 

En revanche, du côté de l'Elysée et du cabinet présidentiel, on tente de dédramatiser cet épisode. De source officielle, on assure que le Président fait "une lecture très institutionnelle du fait qu’il y a une focalisation sur lui." En filigrane, Emmanuel Macron est bien conscient de la cristallisation de la colère sur sa personne. 

Le cabinet assure également que le Chef d'Etat ne se "planque" pas, rappelant que son "itinérance mémorielle" dans le cadre des commémorations du centenaire de l'armistice de la Première guerre mondiale et que rester au contact des Français reste l'une de ses priorités. 

Cette volonté de renouer avec ses concitoyens, Emmanuel Macron l'a également évoquée mardi passé à l'Elysée, lors d'une réception de parlementaires LaRem et MoDem.

"Je suis le premier responsable car j'ai sous-estimé la profondeur de la crise sociale" aurait-il déclaré, apprend-on dans les colonnes de L'Opinion
"Moi aussi j'ai un travail à faire sur moi-même, j'ai tendance à parler cash. On va être face à des turbulences très fortes, une grande brutalité, il ne fait pas se laisser intimider" a-t-il conclu. 
Hugo Septier