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Mélenchon invective Rugy après ses menaces à l'Assemblée

Le leader de la France insoumise n'a pas apprécié les menaces de François de Rugy de mettre fin aux questions aux gouvernement, après le chahut des députés dans l'hémicycle.

"Pour qui tu te prends?": mardi à l'Assemblée, Jean-Luc Mélenchon n'a pas apprécié de voir François de Rugy prononcer des menaces dans l'hémicycle.

Alors qu'un brouhaha accompagnait la question d'une députée La République en marche sur l'audiovisuel public, le président de l'Assemblée a lancé:

"Mes chers collègues, quel que soit le groupe auquel vous appartenez, si chaque fois qu'un député pose une question, les députés des autres groupes couvrent de leur voix les propos tenus, alors nous arrêterons les séances de questions au gouvernement car (…) cela n'aura plus aucun intérêt de les tenir".

"Je le fais particulièrement observer: ici, ce n'est pas la loi de celui qui crie le plus fort!", a-t-il ajouté depuis le perchoir, avant que la ministre de la Culture Françoise Nyssen ne prenne la parole. De quoi provoquer l'ire de Jean-Luc Mélenchon et d'autres élus.

Un "théâtre" parlementaire défendu par les députés

Les séances de questions au gouvernement, qui se tiennent les mardi et mercredi après-midi et sont retransmises en direct, sont régulièrement épinglées comme donnant une image de "théâtre" parlementaire défavorable pour la représentation nationale.

Pour autant, François de Rugy avait exclu en octobre de supprimer l'une des deux séances hebdomadaires. "Je sais bien que, parfois, dans l'exécutif, on aimerait bien qu'il y en ait moins. Mais c'est un des moyens d'évaluation et de contrôle" du Parlement, avait-il glissé en évoquant les pistes de réforme de l'Assemblée. Il avait toutefois souligné qu'"on peut imaginer" des évolutions de l'exercice.

Du côté des députés, les menaces de François de Rugy ont fait réagir, toutes formations confondues. "Demander de ne pas réagir à des interventions de collègues ou aux réponses des ministres c'est bâillonner l'opposition", a réagi sur Twitter le député LR Patrice Verchère. 

L'élu communiste Sébastien Jumel évoque lui un "coup de chaud" du président de l'Assemblée. Et rappelle que les questions au gouvernement "sont prévues par l'article 48" de la Constitution.

A. K.