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Ferrand sur l'immigration: "Ce n'est pas sérieux de penser que nous pouvons accueillir tout le monde"

Richard Ferrand, député du Finistère et président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale, était ce lundi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC.

Invité lundi matin sur BFMTV et RMC, Richard Ferrand livre les deux principes du projet de loi sur l'immigration et l'asile, qui devrait être débattu à l'Assemblée "au premier trimestre" de l'année prochaine, et dont le contenu n'est pas encore finalisé: "A la fois, nous devons maintenir cette tradition du droit d'asile, pour ceux qui fuient la guerre, dont la vie est en danger. Mais si l'on veut que ça fonctionne, il nous faut bien accueillir ces personnes, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", reconnaît Richard Ferrand.

"Mais pour y parvenir, il faut renforcer les mesures au regard de l'immigration illégale, c'est-à-dire au regard des personnes qui n'ont pas de titre qui légitime leur présence sur le sol national", précise le député du Finistère. L'exécutif envisage de durcir sa politique migratoire, alors que le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a fait de la lutte contre l'immigration irrégulière une priorité. Dans le même temps, la promesse du texte est d'améliorer les conditions du droit d'asile, pour celles et ceux qui fuient les guerres et les violences.

"Les pays s'appauvrissent parce qu'ils perdent des compétences"

A l'inverse, les migrants qui chercheraient à venir en France pour des raisons économiques ne seraient pas accueillis. Richard Ferrand justifie cette logique du gouvernement: "Bien souvent, les personnes qui quittent leur pays et qui arrivent à venir jusqu'à nous, sont le plus souvent ceux qui auraient pu le plus apporter à leur propre pays. En clair, les pays d'origine s'appauvrissent parce qu'ils perdent des compétences". Evoquant la phrase restée célèbre de Michel Rocard, il complète: "Alors que nous avons plusieurs millions de chômeurs, ce n'est pas sérieux de penser que nous pouvons accueillir toutes celles et tous ceux qui, dans le monde, souffrent du même mal".

Aujourd'hui, les demandes d'asile prennent des mois avant d'être traités et, dans l'intervalle, condamnent les demandeurs à la clandestinité sur le territoire national. "Nous avions pris un engagement qui est en train d'être tenu", assure Richard Ferrand, "c'est de réduire à deux mois le temps d'attente. On est passé de six mois à quatre mois aujourd'hui, c'est encore trop long. (...) Il faut accélérer l'instruction de ce qui relève du droit d'asile, et être plus ferme et donner des signaux clairs à l'égard de l'immigration illégale".

A.L.M.