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Immigration: la majorité face à sa première épreuve

Le minsitre de l'Intérieur Gérard Collomb le 13 décembre 2017 à l'Elysee à Paris

Le minsitre de l'Intérieur Gérard Collomb le 13 décembre 2017 à l'Elysee à Paris - Bertrand GUAY, AFP/Archives

REVUE DE PRESSE - Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb préparerait une loi particulièrement ferme sur la question migratoire, visant à renforcer le nombre d'expulsions d'étrangers en situation irrégulière.

Le durcissement envisagé de la politique migratoire place la majorité d'Emmanuel Macron "devant sa première épreuve", estime la presse lundi.

Alors que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a fait de la lutte contre l'immigration irrégulière une priorité, "le projet en débat accélère les expulsions, allonge la durée de rétention et installe la France dans le cortège indigne des pays qui se murent", dénonce L'Humanité.

La majorité "doute"

Même tonalité critique chez Libération qui tacle Emmanuel Macron en jugeant qu'"en France ces jours-ci, on doit se frotter les yeux pour réaliser que l’homme qui a entrepris de durcir la politique migratoire est bien le même qui, il y a quelques mois, la main sur le cœur, en appelait à 'l’honneur de la France' d’accueillir les réfugiés".

"C’est que les élections allemandes sont passées par là, elles ont montré ce qu’il en coûte aux leaders politiques d’ouvrir grand les portes à la misère du monde", conclut Libération.

Alors que des actions de soutien aux migrants se multiplient, comme une "cordée solidaire" qui a réuni 300 personnes dimanche dans les Hautes-Alpes, "la politique d’immigration place la majorité devant sa première vraie épreuve politique", analyse Les Echos.

"Elle doute, pour l’instant discrètement, mais elle doute. Une partie de La République En Marche ne se retrouve ni dans le texte de loi préparé par Gérard Collomb (réduction des délais d’instruction du droit d’asile et expulsions facilitées), ni dans la tonalité récente d’Emmanuel Macron".

"Menace d'une double accusation"

Selon le Républicain lorrain, le chef de l'Etat "va se trouver sous la menace d’une double accusation: celle de laxisme, venue de la droite, et celle de brutalité, venue de la gauche. Il lui faudra convaincre que l’on peut être en même temps juste, bienveillant et intraitable face à la détresse humaine".

Pour L'Opinion, "au regard de ce qu’il lui reste à accomplir pour redresser vraiment la France – chômage, déficits, prélèvements obligatoires, mille-feuille administratif, politique migratoire, sécurité –, ce n’est pas du côté de la gauche qu’il aurait avantage à chercher ses appuis".
C. P. avec AFP