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"La France, je l'aime passionnément": en mars 2007, l'émouvant discours d'adieu de Jacques Chirac

Jacques Chirac le 11 mars 2007, à l'Élysée

Jacques Chirac le 11 mars 2007, à l'Élysée - BFMTV

Jacques Chirac, président de la France de 1995 à 2007, est mort ce jeudi. Avant de quitter l'Élysée, il avait livré aux Français un discours émouvant qui marque encore les esprits.

Élu président de la République française le 17 mai 1995, Jacques Chirac a quitté l'Élysée douze ans plus tard. Il avait fait le choix de ne pas se présenter pour un troisième mandat, décision qu'il avait annoncée le 11 mars 2007, dans ce qui fût sa dernière allocution depuis l'Élysée en tant que président de la République. 

Dans ce discours, il assurait les Français de son amitié, de son amour de la France, et rappelait l'importance de l'unité dans le pays, de la paix, mais aussi de la préservation de l'environnement. Certains passages de cette allocution restent encore célèbres aujourd'hui.

"La France, je l'aime passionnément"

"La France, mes chers compatriotes, je l'aime passionnément. J'ai mis tout mon coeur, toute mon énergie, toute ma force à son service, à votre service. Servir la France, servir la paix, c'est l'engagement de toute ma vie", commence-t-il. "J'aurais voulu bien sûr bousculer d'avantage les conservatismes et les égoïsmes pour répondre plus vite aux difficultés que connaissent certains d'entre vous. Mais je suis fier du travail que nous avons accompli ensemble".

Dans son discours, il remercie les Français pour leur "talent", leur "créativité" mais aussi pour "les efforts considérables consentis" durant ses mandats, qui ont permis au pays "d'affirmer sa place dans le monde". Il annonce ensuite, qu'il ne se présentera pas à l'élection présidentielle de 2007.

"Au terme du mandat que vous m'avez confié, le moment sera venu pour moi de vous servir autrement, je ne solliciterai pas vos suffrages pour un nouveau mandat. D'une manière différente, mais avec un enthousiasme intact et la même passion d'agir pour vous, je continuerai à mener les combats qui sont les nôtres, les combats de toute ma vie: pour la justice, pour le progrès pour la paix, pour la grandeur de la France."

"Pas un instant vous n'avez cessé d'habiter mon coeur et mon esprit"

Les propos qui suivent cette annonce tiennent plus des recommandations pour l'avenir que des remerciements. "Ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre", rappelle-t-il aux Français. "Le vrai combat de la France, le bon combat de la France, c'est celui de l'unité, c'est celui de la cohésion."

Il rappelle également la nécessité de se préoccuper de l'environnement. En 2002, il avait lancé :"Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs", lors du sommet pour la Terre à Johannesburg (Afrique du Sud). Dans ce discours de 2007, il alerte à nouveau sur la crise écologique: "Si nous ne parvenons pas à concilier les besoins de croissance de l'humanité et la souffrance d'une planète à bout de souffle, nous courrons à la catastrophe".

Il finit son allocution, sa dernière en tant que Président de la République, en faisant une véritable déclaration d'amour aux Français: "Pas un instant vous n'avez cessé d'habiter mon coeur et mon esprit, pas une minute je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique, cette France que j'aime autant que je vous aime, cette France riche de sa jeunesse, forte de son histoire, de sa diversité, assoiffée de justice et d'envie d'agir. Cette France qui croyez-moi n'a pas fini d'étonner le monde".
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Jacques Chirac

Salomé Vincendon