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La charge de Mélenchon contre le "pharaon" Emmanuel Macron

Jean-Luc Mélenchon lors de sa conférence de presse.

Jean-Luc Mélenchon lors de sa conférence de presse. - BFMTV

Lors d'une conférence de presse jeudi après-midi à l'Assemblée, le chef de file des "Insoumis" a annoncé que son groupe parlementaire n'assisterait pas au Congrès réuni par Emmanuel Macron au Château de Versailles lundi prochain. Jean-Luc Mélenchon y voit l'aboutissement de la logique "monarchique" d'un président "pharaonique".

Le message envoyé par Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse ce jeudi est très clair: ses "Insoumis" n'ont aucune intention de se "soumettre". Alors que les chambres du Parlement sont convoquées pour un Congrès au Château de Versailles lundi prochain afin d'y entendre le chef de l'Etat, le président de groupe à l'Assemblée nationale y a opposé une fin de non-recevoir: "Puisque nous sommes convoqués sans délai pour entendre le monarque présidentiel s’exprimer et mis à discrétion de sa bonne volonté, nous nous rebellons et ne nous soumettons pas. Nous n’irons pas."

"Une dérive pharaonique"

Pour le député élu dans les Bouches-du-Rhône, c'est en partie une question de forme. Le Château de Versailles n'a pas sa faveur: "Versailles, le lieu de la capitulation (de la guerre de 1870-1871, NDLR), Versailles, le lieu de la monarchie, Versailles, le lieu des Versaillais (adversaires de la Commune, NDLR)." Même s'il a expliqué que dans son groupe on n'est pas forcément "contre une certaine pompe républicaine", Jean-Luc Mélenchon y voit cette fois-ci "une forme de régression".

C'est aussi bien entendu une question de fond. Celui qui avait porté durant la présidentielle, dans son programme L'avenir en commun, l'envie d'une VIe République et de la fin de ce que ses partisans désignent comme "la monarchie présidentielle", a décrit l'initiative d'Emmanuel Macron comme "la signature d'une dérive pharaonique".

Au début du point presse, déjà, faisant référence à la soirée du 7 mai, Jean-Luc Mélenchon avait évoqué le "franchissement de seuil dans la direction pharaonique de la monarchie présidentielle telle qu’elle avait été mise en scène le soir de la pyramide du Louvre." Il a ajouté: "Alors qu’on nous a beaucoup parlé de renouveau et de modernisation, le renouveau et la modernisation consistent à rendre plus pyramidal que jamais le système du pouvoir que nous connaissions jusque-là."

Visiblement désireux de marteler cet aspect de son analyse, il en a appelé aux Français, et en particulier aux électeurs d'Emmanuel Macron: "Nous alertons les Français: ‘Est-ce pour ça que vous avez voté? Est-ce cela que vous vouliez comme renouveau de la politique que de voir quelqu’un qui est déjà un monarque avec plein de pouvoirs se transformer en pharaon? Non, et non!"

Le ton est donné

Jean-Luc Mélenchon a reproché à l'exécutif de ne laisser que trop peu de temps aux députés pour examiner le texte de la loi d'habilitation visant à confier au gouvernement le droit de réformer le Code du travail par ordonnances, et de s'exprimer avant le Premier ministre, dont le discours de politique générale est fixé à mardi:

"Quel besoin pour le président de la République d’intervenir 24h avant son Premier ministre? Nous comprenons parfaitement que le message politique essentiel c’est qu’il parle avant l’autre, avant son collaborateur en quelque sorte qui viendra nous régaler de son discours le lendemain. Le message est celui de la prééminence absolue du Président."

Enfin, après la séance houleuse qui a accompagné la constitution du Bureau de l'Assemblée nationale ce jeudi, le parlementaire a également blâmé la majorité présidentielle. Il a ainsi affirmé ne "pas être dupe" du "respect de la représentation nationale" dont témoigne Emmanuel Macron "quand nous voyons comment se comportent ses amis de ‘La République en marche’ dans cette Assemblée qui, après avoir pris tous les postes" éliminent d'après lui son groupe de manière "absolue" de "toutes les participations à la direction des commissions."

Depuis son élection aux législatives, on avait dépeint Jean-Luc Mélenchon comme l'une des fortes têtes de l'Hémicycle. Le ton est déjà donné. 

Robin Verner