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La campagne de François Fillon affaiblie par une centaine de départs

Ce vendredi soir, ils sont plus de cent, de toutes les tendances de la droite, à avoir quitté la campagne de François Fillon, lassés par la polémique. Avec un dernier coup dur pour l'ancien Premier ministre: le départ de Patrick Stefanini, fidèle parmi les fidèles.

Ils sont déjà une centaines d'élus à avoir lâché la campagne du candidat de la droite à la présidentielle, ce vendredi soir. Certains sont juppéistes (comme Virginie Calmels), d'autres sont sarkozystes (comme Renaud Muselier), d'autres encore ont soutenu Bruno Le Maire dans la primaire (comme Thierry Solère, jusqu'ici porte-parole de l'ex-Premier ministre), et tous veulent mettre un terme à ce qu'ils ressentent de plus en plus comme une aventure personnelle de François Fillon.

Le départ d'un fidèle parmi les fidèles

Pour l'ancien chef de gouvernement de Nicolas Sarkozy, l'heure est d'autant plus grave que le découragement gagne désormais son propre camp. Ce vendredi soir, on apprenait la démission de son directeur de campagne, et directeur général des "Républicains", le fidèle des fidèles Patrick Stefanini.

Dans une lettre remise dans la matinée de vendredi, il écrivait: "J'ai décidé de te présenter ce matin même ma démission de mes fonctions de directeur de ta campagne présidentielle". Niée dans un premier temps par François Fillon, Patrick Stefanini a confirmé sa démission, l'affirmant "irrévocable" et effective "dès dimanche soir", après la manifestation de soutien au candidat au Trocadéro. 

L'UDI lâche François Fillon....et avertit "les Républicains"

En-dehors du dernier carré des fillonistes, cette mobilisation dominicale fait l'unanimité contre elle. Ce vendredi, invité de Ruth Elkrief sur BFMTV, Jean-Christophe Lagarde a tancé cette initiative: "On ne peut pas quand on prétend devenir chef de l’Etat manifester contre les juges et la presse." Le président de l'UDI, qui avait suspendu sa participation à la campagne de François Fillon ce mercredi, était surtout venu demander, au nom de son parti, aux "Républicains" de changer de tête d'affiche pour la présidentielle... sous peine de briser l'alliance avec les centristes.

"François Fillon garantit la défaite. Je dis solennellement aux Républicains: 'Si nous voulons encore construire une alternance et si vous tenez à notre alliance, il est indispensable de changer de candidat, et rapidement'", a réclamé Jean-Christophe Lagarde.

L'ombre d'Alain Juppé

Comme la plupart des démissionnaires, le député-maire de Drancy a fait d'Alain Juppé son favori pour l'hypothétique remplacement de François Fillon. Sur BFMTV ce vendredi, le député élu dans le Rhône Georges Fenech a emprunté ce même sillon: "Le seul moyen de s'en sortir c'est le passage de flambeau de François Fillon à Alain Juppé", a déclaré le parlementaire sarkozyste. 

"On fera sans eux", avait balayé François Fillon à Nîmes ce jeudi alors que les défections commençaient à dégarnir les rangs de ses troupes. Mais "eux", ça fait à présent beaucoup de monde. 

Robin Verner