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A Nîmes, François Fillon joue le peuple contre les élites

Alors que sa candidature est contestée jusque dans son propre camp, en meeting à Nîmes, François Fillon a voulu se poser en candidat du peuple.

En déplacement à Nîmes (Gard) alors que des personnalités de son camp n'ont cessé de se retirer de sa campagne ce jeudi, la ligne suivie par François Fillon était nette. "Les élus? On fera sans eux", a lâché le candidat de la droite et du centre qui a assuré: "La base, elle, tient. Je m'appuie sur les Français."

En meeting dans la cité gardoise dans la soirée, l'ancien Premier ministre a joué la même participation en rythme binaire: le peuple, contre les élites. "Fillon, il est seul disent-ils à Paris. Fillon, il est avec le peuple de France à Nîmes," a-t-il lancé en ouverture de son meeting. 

François Fillon ne veut pas céder

François Fillon s'est posé en élément perturbateur d'un schéma que les médias et, plus largement, ses adversaires appelleraient de leurs voeux, selon le prétendant à l'Elysée:

"Je suis là pour percuter tous les scénarios que certains voudraient écrire à votre place. On m’attaque depuis des semaines avec une violence sans commune mesure. (...) Sept jours sur sept, 24 heures sur 24, la machine à broyer, la machine à scoops, la machine à rumeurs a été mise en marche". 

Le député a, à nouveau, revendiqué le poids des suffrages qui se sont portés sur son nom durant la primaire pour justifier la poursuite d'une campagne troublée.

"Je n’ai pas l’intention de céder et je ne parle pas seulement pour moi mais parce que la démocratie vous appartient à vous. Il est hors de question que soit fauché le vote des électeurs de la droite et du centre. Hors de question que soit muselée la voix de millions de Français qui désirent une vraie alternance."

"Je ne suis pas seul"

De plus en plus isolé dans sa propre famille politique, l'ancien chef de gouvernement de Nicolas Sarkozy s'est prévalu du soutien de la France d'en bas. Il a ainsi développé une liste à la Prévert des catégories de population dont il espère le support:

"Mais voilà, je ne suis pas seul. J’ai avec moi tous ces Français qui disent ‘qu’on nous laisse travailler, qu’on arrête de nous emmerder.’ J’ai avec moi ces entrepreneurs, ces agriculteurs, ces artisans qui sont découragés par tant de charges et de réglementations. J’ai entendu la voix de ces jeunes qui se cassent les dents sur les rigidités de notre marché du travail ; et je suis le porte-parole de celles et ceux qui veulent affirmer les valeurs françaises."

François Fillon a affirmé que ses "convictions" étaient non seulement celles de ses partisans à droite mais aussi de "tout un pays qui au fond son âme sent que l’heure est à des vrais choix."

Une posture gaullienne pour finir

Au milieu des troubles, le parlementaire a demandé que sa candidature soit évaluée d'après sa trajectoire politique. L'ex-Premier ministre et actuel député s'est décrit comme un homme en marge: "Jugez-moi sur mon parcours. Je n’ai pas fait les grandes écoles, je n’ai pas été banquier, j’ai donné 36 ans de vie publique à ma ville, à mon département, à ma région, à la France."

Même sous la menace d'une mise en examen, François Fillon a adopté une posture gaullienne. Il s'est ainsi écrié à la fin de sa prise de parole: "L’heure est importante. J’invite tous les Français qui veulent une France libre et une France forte à venir me rejoindre."

Robin Verner