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L'Assemblée nationale réaffirme le droit fondamental à l'IVG

Simone Veil, en mai 1974, à la tribune de l'Assemblée pour défendre sa loi sur l'avortement.

Simone Veil, en mai 1974, à la tribune de l'Assemblée pour défendre sa loi sur l'avortement. - SRT - AFP

Les députés français ont réaffirmé mercredi, à la quasi-unanimité, le droit "fondamental" à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) "pour toutes les
femmes, en France, en Europe et dans le monde", 40 ans après sa
légalisation en France.

Quarante ans après le démarrage des débats sur la loi de Simone Veil légalisant l'avortement, le 26 novembre 1974, l'Assemblée nationale a voté un texte réaffirmant "l'importance du droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse en France et en Europe".

Jacques Bompard (ex-Front national) ainsi que cinq députés UMP et un UDI (centriste), pour la plupart opposés au mariage homosexuel, ont été les seuls à voter contre cette proposition de résolution socialiste.

>>> Lire La tirade anti-avortement de Jacques Bompard

Ce texte, non contraignant, "rappelle que le droit universel des femmes à disposer librement de leur corps est une condition indispensable pour la construction de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, et d’une société de progrès". Il "affirme la nécessité de garantir l’accès des femmes à une information de qualité, à une contraception adaptée, et à l’avortement sûr et légal".

Ce texte a été préparé par la présidente de la délégation aux droits des Femmes Catherine Coutelle. "Il n'est pas inutile de rappeler que c'est un droit fondamental", estime la socialiste en citant l'exemple récent de l'Espagne, où le gouvernement a voulu faire passer une loi réduisant considérablement le doit à l'avortement. La députée rappelle qu'entre 3.000 et 5.000 Françaises partent chaque années avorter à l'étranger en raison de problèmes de délais et d'accueil dans les centres, puisque 130 d'entre eux ont fermé depuis dix ans.

Quasi-unanimité pour le vote

Signe de la large adhésion, "95% à 98%" des députés UMP ont voté la proposition de résolution, a affirmé Christian Jacob, satisfait qu'"un point sensible" ait été retiré à sa demande, avec l'aval des autres présidents de groupe.

A été ôté le principe de garantir "l'accès des femmes aux droits sexuels et reproductifs, parce que s'engager sur ce terrain voulait dire qu'on ouvrait la porte pour la PMA en dehors des cas de stérilité médicaux et à la GPA" (mères porteuses), a-t-il indiqué. Vingt-et-un députés UDI ont été cosignataires de ce texte, 40 ans après la loi de Simone Veil, "membre de notre famille politique"; "une majorité du groupe la votera, mais il y a liberté de vote", a souligné leur président, Philippe Vigier.

Encore un "manque de moyens"

Cet hommage est une manière de montrer que "ces combats ne sont jamais terminés", d'autant que "le droit à l'IVG reste contesté, empêché par l'action de groupes intégristes ou le manque de services spécialisés", souligne la porte-parole des députés PS, Annick Lepetit.

La députée communiste Marie-George Buffet abonde sur le manque de centres et de moyens: "L'accès à l'IVG est mis en cause par manque de moyens".

L'entente parlementaire pour la famille contre

Le député UMP Jean-Frédéric Poisson est l'un des rares parlementaires à voter contre. "Il ne peut pas y avoir de droit fondamental de cette nature", selon ce représentant de L'Entente parlementaire pour la famille, qui s'était illustrée contre le mariage homosexuel et la loi famille.

Karine Lambin