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Julien Denormandie, le futur poids lourd de la macronie

Julien Denormandie à l'Assemblée nationale le 4 octobre 2017.

Julien Denormandie à l'Assemblée nationale le 4 octobre 2017. - Eric FEFERBERG / AFP

A 37 ans, il est inconnu des Français mais occupe une place importante dans le dispositif présidentiel. Julien Denormandie est un "Macron boy" que certains voient déjà à la tête d'un gros portefeuille ou de La République en marche.

Emmanuel Macron et Julien Denormandie ont deux ans d'écart. Ils se sont rencontrés à l'Elysée, alors que le premier était secrétaire général adjoint chargé des questions économiques. Quand le premier est parti à Bercy, le second est devenu le directeur adjoint de son cabinet. Ingénieur des eaux et forêts, Julien Denormandie connaissait déjà les lieux: après avoir travaillé comme conseiller économique à l'ambassade de France en Egypte, il a conseillé Pierre Moscovici lorsqu'il était ministre de l'Economie, puis Nicole Bricq, au Commerce extérieur.

De l'époque Macron à Bercy, il a hérité du surnom, comme d'autres figures entourant le futur président, de "Macron boy". Le soir de la victoire à la présidentielle, c'est lui que les militants réunis au QG ont porté en triomphe: il a été très tôt au coeur de la machine En Marche, dont il était le secrétaire général adjoint, et a participé à l'élaboration du programme du candidat. 

Il a l'oreille d'Emmanuel Macron

Aujourd'hui, à 37 ans, il est secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, et se trouve toujours au coeur du dispositif d'Emmanuel Macron. Dans l'entourage du président, beaucoup considèrent qu'il a une grande carrière devant lui. "C'est le chouchou de tous", explique le président du groupe LREM au Sénat, François Patriat, ce mercredi dans Le Figaro. Ce père de quatre enfants a en particulier l'oreille du président de la République, qu'il tutoie en privé.

"Il sait lui dire les choses. C’est son cerveau gauche, il a de vraies convictions sociales", assurait encore François Patriat au Monde à la fin du mois de septembre.

Mais cette proximité se joue dans les arcanes du pouvoir, et Julien Denormandie, avec ses airs de "gendre idéal" ou de "premier de la classe", reste inconnu du grand public. Aux côtés de Jacques Mézard, il a été propulsé par Emmanuel Macron sur l'un des dossiers les plus chauds du moment, le logement, marqué par la polémique sur la baisse de 5 euros des APL. Une annonce qui a valu au secrétaire d'Etat comme au ministre d'être copieusement hués.

Appelé la veille du remaniement

Lorsque le chef de l'Etat l'a appelé pour lui proposer ce poste, à la veille du remaniement, Julien Denormandie s'apprêtait à lancer un incubateur de start-ups spécialisées dans la médecine du travail. Certains ont vu sa nomination comme une manière, pour Emmanuel Macron, de garder un oeil sur Jacques Mézard. "Il est là pour renforcer Mézard", assurait un ministre au Monde. Au point de remplacer bientôt l'ancien sénateur âgé de 69 ans?

"Avec Jacques Mézard, la relation est très bonne. On a fusionné nos équipes de collaborateurs", insiste Julien Denormandie, dans Le Figaro. Nous sommes bien sûr différents. Mais on s’apporte mutuellement", expliquait-il fin septembre.

Bientôt à la tête de LREM?

S'il ne prend pas la tête d'un gros portefeuille au cours du quinquennat, une autre hypothèse le place à la tête de LREM en novembre prochain.

"J'y suis profondément attaché. Il est vrai qu'à chacun de mes déplacements je rencontre des adhérents. Mais, ici, j'ai des chantiers décisifs qui m'occupent à 100 %. La direction du mouvement n'est donc pas un sujet d'actualité pour moi", balaye le secrétaire d'Etat dans Le Figaro

Ce qui est certain, c'est que le principal intéressé a conscience du rôle qui lui a été attribué. "Julien a accepté l'idée d'aller vers la lumière. S'il s'assume vraiment, il peut devenir un cadre de très haut niveau au sein de la majorité", explique aussi un ministre. Comme le soulignent Les Echos, la société civile reste la marque de fabrique de la majorité présidentielle, mais les ministres au profil plus politiques sont ceux qui sont en première ligne, invités à prendre la fameuse lumière. Parmi eux, Gérald Darmanin, Benjamin Griveaux et Christophe Castaner, mais aussi Julien Denormandie. 

Charlie Vandekerkhove