BFMTV

Joachim Son-Forget, l'électron libre de La République en Marche

Joachim Son-Forget à l'Assemblée

Joachim Son-Forget à l'Assemblée - JACQUES DEMARTHON / AFP

Le député des Français à l'étranger, qui s'est fait remarquer lundi sur Twitter après un violent échange avec la sénatrice EELV Esther Benbassa, n'en est pas à son coup d'essai en matière de passes d'armes sur le réseau social.

"Avec le pot de maquillage que vous vous mettez sur la tête, vous incarnez plus que jamais ce que vous tentez maladroitement de caricaturer". Lundi 24 décembre, sur Twitter, le député de LaREM s'en est violemment pris à Esther Benbassa, sénatrice EELV. La raison de ce lynchage? Une réaction de la député écologiste à une déclaration de Brigitte Macron sur les gilets jaunes. L'intéressée n'a pas tardé à répondre au député:

"Pour tromper son oisiveté, c'est plus fort que lui, il m'insulte sur mon physique et me harcèle: 50 twits (sic) en 97mn. Gilles Le Gendre doit d'urgence lui trouver une occupation pour le 31", écrit la sénatrice.

Indignés, les internautes ont dénoncé le "harcèlement" de Joachim Son-Forget, ainsi que des propos jugés "sexistes". Dans Le Parisien, la sénatrice, toujours choquée, réclame des excuses publiques. Mais au regard de la réaction du député face au recadrage de Gilles Le Gendre, président du groupe LaREM à l'Assemblée, il ne semblerait pas que ce dernier exprime le moindre regret. Tancé pour ses propos jugés "inadmissibles" par le patron des députés de la majorité, Son-Forget a préféré tweeter: "je tremble!".

Pas son premier dérapage

Une réaction qui fait tâche, dans un groupe où l'exemplarité est de mise. Surtout que Joachim Son-Forget n'en est pas à son premier dérapage. Lors des sorties homophobes du forain Marcel Campion à la fin du mois de septembre, le député avait tenu à le défendre sur Twitter.

"Moi, j’ai rien contre les homos, d’habitude, je dis les 'pédés', mais on m’a dit hier qu’il fallait plus que je dise ça. Donc je ne dis plus les pédés, je dis les homos. J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers", avait déclaré le forain, candidat à la mairie de Paris. Des propos que Joachim Son-Forget ne considère pourtant pas homophobes comme il l'avait alors fait savoir sur Twitter.

"Marcel Campion, comme n'importe qui, a droit au bénéfice du doute sur le fond de se pensée, c'est de la simple sagesse que de lui demander s'il a une pensée réellement nauséabonde ou de lui demander si ses propos ne nous poussent pas à comprendre autre chose que ce qu'on a voulu lui faire dire… sinon c'est le début de la charia!", avait-il ensuite affirmé dans une interview au Point

Dans un autre tweet, le député s'était aussi justifié en disant que son objectif était juste de faire du "buzz".

"Je suis contre le name and shame, qui se substitue à la justice", avait-il écrit.

"Donald le gâteux"

Plus récemment, Joachim Son-Forget avait également jugé bon de qualifier Donald Trump de "gâteux". Mi-décembre, le député des Français de l'étranger, a publié une série de tweets extrêmement virulents contre le président américain, qui avait posté un message en référence à une manifestation de gilets jaunes à Paris, dans lequel il parlait de "triste jour".

"Quelqu’un peut-il juste lui dire 'fuck you', lui débrancher Internet et lui donner ses pilules? Sérieusement", écrit Joachim Son-Forget dans un premier tweet. 

Mais il ne s'arrête pas là puis lâche: 

"Donald le Gâteux, est atteint d'incontinence cérébrale... comme un 'gâteux' souffre d’incontinence d'urine voire de matières fécales et 'gâte' ses draps. DON’T INSULT MY COUNTRY DOTARD. La France kisses your ass. From french parliament 'my friend'".

Le tout accompagné d'une photo peu flatteuse du président américain.

"Je sais être mesuré mais quand les choses sont aux antipodes de nos valeurs, il ne faut pas faire le dos rond", avait-il défendu auprès de l'AFP. Et d'ajouter:

"Je suis parlementaire, pas chef d'Etat. Je défends mon pays et l'assume parfaitement."

Un député de plus en plus critiqué

Des sorties qui ont agacé voire choqué plusieurs de ses camarades à l'Assemblée. Au Parisien, la porte-parole de LaREM, Laeticia Avia confie:

"Il assume pleinement de vouloir faire le buzz, je ne me reconnais absolument pas dans ces méthodes et je n’ai pas envie que les Marcheurs s’y reconnaissent".

Beaucoup ont par ailleurs critiqué le député pour son absentéisme dans l'hémicycle. Dans sa réponse à Joachim Son-Forget, Esther Benbassa commence d'ailleurs par écrire: "Il y a à l'Assemblée un député #LREM obscur & inactif". Face à cette énième querelle virtuelle, certains se sont interrogés sur son avenir au sein du groupe.

Valentine Arama