BFMTV

Jean-Luc Mélenchon se prépare à gouverner

En déplacement à La Réunion, le leader de la France insoumise s'est montré plus que confiant en ce qui concerne la manifestation du 23 septembre, lancée à l'appel de son mouvement. Le député de Marseille voit même plus loin et assure que la France insoumise finira par gouverner.

À La Réunion, où il est sorti en tête du premier tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est en terrain conquis. Le leader de la France insoumise, qui a passé trois jours sur l’île, cherche à engranger de la confiance quelques jours avant la manifestation du 23 septembre contre les ordonnances réformant le code du travail: "Ça va être très réussi! On sent qu’on n’est pas isolés!", veut croire le député de Marseille qui est, avec son mouvement, à l’initiative de cet appel à mobilisation.

Jean-Luc Mélenchon se montre serein. Ou du moins fait-il mine d’ignorer la pression qui pèse sur lui. Il assure que les remontées de terrain sont bonnes, meilleures encore que pour le rassemblement du 18 mars dernier place de la République à Paris. L’événement censé relancer sa campagne avait réuni 130.000 personnes selon les organisateurs. Mais le leader de la France insoumise ne se hasarde pas à avancer un chiffre de participation: "Ce qui compte, c’est la perception qu’en auront les gens", affirme-t-il.

Effet boule de neige

Celui qui se dit premier opposant à la politique du gouvernement parie sur l’agrégation des colères pour créer un effet boule de neige: "On espère que les colères s’agglomèrent", reconnaît-il. Car il en est persuadé, "les Français n’ont pas voté pour la politique qu’applique Macron aujourd’hui".

Reste qu’une autre manifestation contre la loi travail à l’appel des syndicats se déroulera le 21 septembre, deux jours avant celle de la France insoumise. Un calendrier resserré qui pourrait mettre les deux évènements en concurrence. Au contraire pour Jean-Luc Mélenchon. La manifestation du 21 est "une chance!". "Ça met le feu à la plaine, ça va créer une déferlante", se persuade-t-il.

Un "recours"

L'ancien socialiste mise d’autant plus sur un effet boule de neige qu’un autre mouvement, cette fois à l’initiative des camionneurs, sera organisé le 25 avec le possible blocage de plusieurs raffineries. Mais Jean-Luc Mélenchon voit encore plus loin et parle désormais ouvertement d’"élections anticipées". "C’est arrivé à d’autres…", rappelle-t-il.

Le député des Bouches-du-Rhône est sûr de son coup et se voit comme un "recours" plus que crédible. "Nous sommes dans une guerre de mouvement. Je sais que nous gouvernerons, mais je ne sais pas quand ", lâche-t-il.

Camille Langlade avec Paul Louis