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"Je reste avec les courageux", explique Fillon face aux enfants

François Fillon devant les élèves de l'émission Candidats, au tableau!.

François Fillon devant les élèves de l'émission Candidats, au tableau!. - Capture BFMTV / Présidentielle: candidats, au tableau!, C8

Dans l'émission Candidats, au tableau!, quatre prétendants à l'Elysée se retrouvent face à un collège d'écoliers pour répondre à leurs questions, dont la candeur désarme parfois des hommes politiques rompus à l'exercice médiatique. Florilège.

"A quoi il vous sert Bayrou?" Sans fard, la question adressée à Emmanuel Macron n'est pas posée par un éditorialiste chevronné, mais par Mouna, 10 ans. Détendu, le leader d'En Marche! répond:

"C'est une personne, il ne me sert à rien. François Bayrou a des idées assez proches des miennes, (...) on a fait une alliance. (...) Il ne m'a pas demandé d'être Premier ministre, ça ne marche pas comme ça."

Face à 18 écoliers de 8 à 12 ans venus de toute la France, Emmanuel Macron, François Fillon, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon - Marine Le Pen a refusé de participer - passent chacun à leur tour un grand oral bienveillant, quoique piégeux. Manifestement guidés par les adultes, les enfants posent cependant des questions "poil à gratter" sans que les candidats ne puissent répondre par l'agression.

Explications de textes

Lorsqu'on lui demande quel est sa différence avec Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, que la question ulcère d'ordinaire, rétorque ainsi, dans un style très "hussard noir": "Entre elle et moi, il y a un fossé, qui s’appelle l’égalité humaine. Je ne crois pas que les uns soient supérieurs à d’autres du fait de leur naissance. On vaut ce que valent nos œuvres. (...) Alors après sur l’Europe, on ne voit pas les choses de la manière. Moi je crois que le problème en Europe, ce n'est pas les immigrés, c’est les banquiers."

Le contexte apaisée d'une salle de classe n'empêche pas de glisser quelques tacles indirectement. François Fillon, à qui Ruben demande "pourquoi tout le monde l'a abandonné?", profite de la question pour soigner son image de "combattant balafré":

"D'abord tout le monde ne m'a pas abandonné (...). On ne vous attaque pas sur vos idées, on vous attaque sur votre vie. Il y a des gens qui sont solides, courageux, qui tiennent. (…) Tant pis pour ceux qui se sont enfuis, je reste avec les courageux."

Benoît Hamon fait lui aussi passer un message sur son départ du gouvernement: "Je ne suis pas apparu comme déloyal auprès de ceux qui connaissaient mes convictions. (...) J’aurais pu faire des choses avec lesquelles je n’étais plus d’accord. (...) J'ai eu le vote des Français. C'est le peuple qui a choisi (...). C'est la raison pour laquelle aujourd'hui je me sens beaucoup de légitimité et de confiance." 

Louis Nadau