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"Je quitte ce ministère fier": Castaner défend son bilan à l'Intérieur

Au moment de passer ses pouvoirs de ministre de l'Intérieur à Gérald Darmanin ce mardi, Christophe Castaner a défendu l'ensemble de son action, très décriée, Place Beauveau.

Parmi les partants du gouvernement précédent, peu s'entourent d'une aura de controverse pareille à celle qui accompagne Christophe Castaner vers la sortie de l'exécutif. D'abord essentiellement critiqué par l'opposition pour une stratégie de maintien de l'ordre qu'elle jugeait trop violente, l'ex-ministre de l'Intérieur a fini par semer le désamour dans les rangs mêmes des forces de l'ordre qui, pour certaines, se sont senties remises en cause à travers les hésitations du ministre sur les techniques d'interpellation.

Et ce mardi, face à son successeur Gérald Darmanin, il entendait à l'évidence défendre son travail, et celui de Laurent Nunez, qui fut son secrétaire d'Etat, à la tête de l'institution.

Les "fiertés" de Christophe Castaner

"Je quitte ce ministère fier, fier de ces femmes, de ces hommes", a affirmé Christophe Castaner, avant d'évoquer la fraïcheur dernière de ses relations avec les gardiens de la paix: "Je les ai défendus à chaque instant et je ne le regrette pas. J’ai parlé avec franchise aussi, de déontologie, d’exigence et je ne le regrette pas non plus." Après cette ouverture, il est entré dans le détail:

"Je quitte ce ministre fier, aussi, de ce que nous avons accompli pendant vingt mois avec Laurent Nunez. Nous avons posé les fondements de la sécurité de demain, avec des chantiers fondateurs, comme le chantier du schéma national du maintien de l’ordre, avec cette ambition de placer la médiation et la baisse du conflit au cœur même de la gestion de l’ordre public. Je pense au Livre blanc de la sécurité intérieure, construire la sécurité du XXIe siècle à hauteur d’hommes et de femmes."

"C'était formidable"

Il a poursuivi: "Nous avons aussi changé de paradigme en plaçant la lutte contre le repli communautaire et le séparatisme au cœur de notre action. Nous avons répondu dans les crises et en particulier la dernière, qui consistait à faire respecter le confinement. Nous avons augmenté le budget d’un milliard pour la sécurité, augmenté les salaires, les effectifs, revu notre organisation en profondeur."

Nous avons lancé aussi un véritable plan d’action contre les suicides dans les forces de l’ordre. Car je n’oublierai jamais que derrière la passion de l’uniforme, il y a la pression de l’uniforme. Je pense aussi au combat contre les violences sexuelles et sexistes. C’est une révolution culturelle dont je suis aussi assez fier", a-t-il souligné.

Christophe Castaner a également glissé un "au revoir" aux services de l'Intérieur via son compte Instagram.

Dans un cliché, en forme de clin d'oeil à l'une des ultimes photos d'Édouard Philippe à Matignon, qui exhibait alors des boutons de manchette imitant des tongs, il a arboré ce message: "C'était formidable". Un message que ses détracteurs rejetteront en bloc.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV