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Hulot de retour "en forme" sur la scène médiatique, après 3 mois de silence

Nicolas Hulot quittant le ministère de l'Ecologie le 4 septembre 2018.

Nicolas Hulot quittant le ministère de l'Ecologie le 4 septembre 2018. - PHILIPPE LOPEZ / AFP

L'ancien ministre est ce jeudi soir l'invité de L'Emission politique, sur France 2. Il devrait notamment évoquer le mouvement des gilets jaunes.

Trois mois après l'annonce de sa démission en direct sur France Inter, Nicolas Hulot retrouve ce jeudi soir Léa Salamé pour son comeback médiatique. A l'issue de longues semaines de silence, l'ancien ministre de la Transition écologique est l'invité de L'Emission politique, sur France 2. En pleine contestation des gilets jaunes, et alors que certains membres du gouvernement et de la majorité lui reprochent d'être resté muet sur la taxe carbone, ce qu'il dira sera scruté à la loupe. "Je ne doute pas qu'il assumera", assurait mercredi son successeur, François de Rugy, sur France Inter. Seule certitude, il a des choses à dire ce jeudi soir, mais reste à savoir quelle sera la teneur de ses propos.

Comme l'explique Léa Salamé au Figaro, celui qui reste la personnalité politique préférée des Français "brûle de s'exprimer" sur les gilets jaunes, et sera d'ailleurs confronté à l'un des représentants du mouvement pendant l'émission. "Il nous a dit vouloir parler de tout, sans aucune condition. Il n’est pas content qu’on dise qu’il se tait, mais le deal était qu’il ne s’exprime pas avant son passage dans L’Émission politique", poursuit la journaliste. En tout cas, elle l'assure, "il est en forme, pas du tout déprimé, comme cela a été dit", et promet une "phase d'explications".

"J'étais triste et en même temps libre"

Plusieurs séquences d'entretien tournées dans les Alpes seront diffusées, au cours desquelles Nicolas Hulot livre ses états d'âmes et revient sur son départ du gouvernement. L'une d'elles a été diffusée par France 2 en amont. "A partir du moment où je restais, je cautionnais les choses, pas un mensonge conscient mais une forme de mystification: donner le sentiment qu’on était à la hauteur des enjeux, et on ne l’était pas. J’étais triste mais en même temps libre", confie Nicolas Hulot.

"J’étais triste parce que j’ai une estime et presque une amitié pour le président et du respect pour le Premier ministre, mais on n’a pas réussi à se comprendre". Mercredi, Emmanuel Macron, en déplacement en Belgique, évoquait de son côté un "ami, un homme libre", et assurait l'avoir eu au téléphone il y a quelques jours encore. 

Retour médiatique et politique

Les propos de Nicolas Hulot ne sonnent pourtant pas moins sévèrement, trois mois après son départ. "Je pense qu’on ne mesurait pas la même gravité, on n’avait pas le même diagnostic sur l’Etat de la planète et sur les menaces qui pèsent sur l’humanité donc à partir du moment où on n’a pas le même diagnostic, on ne propose pas le même traitement. Si on vous dit que vous avez une bronchite ou un cancer généralisé, ce n’est pas la même chose", explique-t-il.

Sans doute faut-il donc s'attendre à voir ce jeudi soir un Nicolas Hulot soulagé. D'après Le Figaro, l'ancien ministre a profité de sa diète médiatique pour "se ressourcer", principalement en famille, ses proches parmi les proches expliquant n'avoir que peu ou pas de nouvelles récentes. Ce retour médiatique est en tout cas également politique, comme le suggère le nom de l'émission à laquelle il a choisi de participer, mais aussi comme l'indique le timing de cette réapparition, à quelques jours de la COP24, qui s'ouvre le 3 décembre, et à six mois des européennes.

Charlie Vandekerkhove