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Hollande ciblé par ses anciens alliés Montebourg, Hamon et Duflot

Alors que se dessine peu à peu la liste des candidats de gauche à la présidentielle de 2017, François Hollande doit faire face à une mutinerie en règle. Trois de ses anciens ministres se présentent contre lui pour un front "anti-Hollande" qui ressemble au "tout sauf Sarkozy" de 2012.

Duflot, Hamon, Montebourg: tous rêvent d'être calife à la place du calife. Une rébellion à laquelle François Hollande devra faire face, d'abord dans le cadre de la primaire de la gauche (pour les deux derniers), puis au premier tour de l'élection présidentielle de 2017. Pour les trois anciens ministres du chef de l'Etat, le mot d'ordre est clair: tout sauf Hollande. Quitte à laisser droite et extrême droite à l'écart des débats. 

Un bilan "indéfendable"

C'est l'argument massue que brandissent les trois "ex" pour attaquer François Hollande: son bilan ne peut être défendu devant les électeurs. Cécile Duflot, ministre du Logement de mai 2012 à mars 2014, évoque ainsi un "quinquennat raté" sur le thème de l'écologie. De son côté, Benoît Hamon, ministre de l'Economie sociale puis de l'Education de mai 2012 à août 2014, a fustigé lors de sa déclaration de candidature à la primaire, un "quinquennat raté" dans la lignée d'autres prétendants, Jean-Luc Mélenchon en tête.

Le dernier coup est venu d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif puis de l'Economie de mai 2012 à août 2014. Le chantre du "made in France" dénonçait dimanche un bilan "pas défendable" pour François Hollande. Arnaud Montebourg qui n'a pas encore décidé s'il passerait oui ou non par la case primaire, qui l'obligerait, en cas de victoire de François Hollande, à soutenir le chef de l'Etat malgré ses réticences. 

Un bilan partagé

Pour les trois ex-ministres, une question reste à régler: comment dénoncer un bilan dont ils sont en partie comptables? Lors de son discours de candidature, Arnaud Montebourg a ainsi promis la renégociation du TSCG, traité européen qui définit les contours de l'austérité budgétaire imposée aux Etats, et adopté en 2013. Problème: alors ministre, Arnaud Montebourg avait déclaré qu'il était "impossible de voter contre" le traité

Idem pour Cécile Duflot et Benoît Hamon, tous deux "démissionnés" du gouvernement Valls. S'ils ont tous deux fait acte de résistance depuis, notamment lors du débat sur la loi Travail, les deux anciens ministres auront fort à faire pour convaincre leur électorat qu'ils n'ont pas soutenu la politique de François Hollande pendant leur temps passé dans les ministères.

"Je suis la première déçue d'avoir participé à l'aventure de 2012 qui finit là où elle est aujourd'hui. Mais je suis partie, et j'ai réussi des choses comme l'encadrement des loyers" a estimé la députée de Paris.

Un temps passé que le président de la République aura beau jeu de rappeler à tous ceux qui oublieraient un peu trop vite que les opposants d'aujourd'hui sont les soutiens d'hier.

Paul Aveline