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Hidalgo, candidate en 2022? La maire de Paris prendra "toute [s]a part dans la bataille qui s'annonce"

La maire de Paris ne décline plus la possibilité d'être candidate à la présidentielle. Si les sondages lui sont favorables, elle devra effacer son image de maire des "bobos" et aura la lourde tâche de rassembler la gauche.

Il semble loin le temps du "Hidalgo bashing", reconnaît de ses propres mots la maire de Paris dans les colonnes du Point. Et de là à l'imaginer dans la course à la présidentielle, il n'y a qu'un pas, qu'elle semble prête à franchir.

Dans cette interview accordée à l'hebdomadaire, Anne Hidalgo affirme vouloir prendre "toute [s]a part dans la bataille qui s'annonce." Face à une gauche en recomposition, elle bénéficie d'un terrain favorable, mais doit gérer son image de maire des "bobos".

"Elle ne dit plus non"

Il fut un temps où Anne Hidalgo déclinait clairement l'invitation. "J'ai fait de Paris l'alpha et l'omega de mon engagement politique. (...) Je n'irai pas m'égailler ailleurs", déclarait-elle en 2016. Mais depuis, la socialiste a réussi le pari de remporter les municipales en s'unissant avec les communistes et les écologistes. "Il faut avouer qu'elle a aussi bénéficié des circonstances particulières, et notamment du crash de Benjamin Griveaux", note l'éditorialiste politique de BFMTV Matthieu Croissandeau.

Mais l'édile semble désormais faire un pas vers l'Elysée. "Elle ne dit plus non, ses proches disent qu'elle veut peser sur la campagne, faire entendre sa voix", poursuit Matthieu Croissandeau. Dans le Point, Anne Hidalgo évoque une place "pour une offre sociale-démocrate, écologiste, citoyenne".

"Au Parti socialiste, elle a ses chances parce qu'il n'y a pas grand monde, ajoute Matthieu Croissandeau. Les vieux éléphants sont trop marqués, les jeunes pousses ne sont pas assez affirmées."

Sondages favorables

Et les sondages lui sont plutôt favorables. Selon un sondage Ipsos pour Le Point, elle ferait une bonne candidate "pour faire gagner la gauche" par 26% des sondés, devançant Bernard Cazeneuve et Jean-Luc Mélenchon (23%).

Elle enregistre de bons résultats dans les trois composantes principales de la gauche: 38% chez les sympathisants LFI et le PCF, 42% chez EELV et 37% chez le PS. Bernard Cazeneuve obtient, lui, respectivement 17, 15 et 30%, et M. Mélenchon 73, 21 et 25%.

La partie est pour autant loin d'être gagnée. D'abord, il faudra convaincre les Verts, qui veulent surfer sur leurs bons résultats aux municipales et tiennent absolument à avoir un candidat. Mais aussi Jean-Luc Mélenchon, que l'on n'imagine pas renoncer à se présenter.

A double tranchant

Ensuite, être maire de Paris est "à double tranchant", selon Matthieu Croissandeau. Si ce mandat a été favorable à Jacques Chirac, l'actuelle image de la capitale, ville de bobos, "ne plaît pas à tous les Français."

Sur son bilan également, Anne Hidalgo devra faire taire ceux qui lui reprochent d'avoir agi avec sectarisme, par exemple sur la circulation. Enfin, "il y a un doute sur sa volonté d'aller au bout, d'en découdre. Elle est hostile à une primaire et ne veut pas participer à ce combat de coq", explique notre éditorialiste. Pour l'heure, "c'est la plus dangereuse", avoue toutefois un ministre au Point.

Esther Paolini Journaliste BFMTV