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Valls persiste et signe sur l'emploi du mot apartheid

Manuel Valls s'est prêté lundi à une séance de questions-réponses avec des élèves de l'agglomération marseillaise.

Manuel Valls s'est prêté lundi à une séance de questions-réponses avec des élèves de l'agglomération marseillaise. - BFMTV

Manuel Valls a promis lundi, devant de jeunes élèves qui l'interrogeaient, de "tout faire" pour "casser les ghettos" en France, sans quoi "on sent bien que tout va exploser".

Manuel Valls poursuit son travail de pédagogie et de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, dont le gouvernement a fait une de ses grandes causes nationales, depuis les attentats du mois de janvier. Pour ce faire, le Premier ministre a entamé lundi son déplacement de deux jours à Marseille par une visite au camp d'internement et de déportation des Milles, près d'Aix-en-Provence, l'un des pires symboles de la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le Premier ministre s'est prêté pendant 45 minutes à des questions-réponses avec des élèves d'établissements d'éducation prioritaire et des enseignants de l'agglomération marseillaise. Il a notamment été interpellé par un jeune témoignant du sentiment de beaucoup d'habitants qui se sentent "indésirables".

Revenant sur le mot "apartheid" qu'il a utilisé récemment, l'hôte de Matignon persiste et signe: "J'ai parlé d'apartheid social ou ethnique, pas pour comparer avec ce qu'il s'est passé en Afrique du sud, mais parce que c'est ce que ressentent les habitants de ces quartiers". Il faut "tout faire pour casser ces ghetto (…) sinon tout va exploser", a-t-il poursuivi.

Manuel Valls a dit vouloir "lutter contre ces processus qui visent à mettre toujours dans les mêmes quartiers, toujours les mêmes personnes des mêmes origines, pour qu'elles s'y sentent isolées complètement", et a promis d'"être impitoyable contre les discriminations, car les discriminations, ça a un autre nom, c'est le racisme".

"Etre français, ce n'est pas une couleur de peau"

Manuel Valls a voulu terminer cet échange en lançant un message aux 150 élèves venus à sa rencontre. "Apprenez à être français et à aimer être français", leur a dit le Premier ministre, tout en rappelant qu'il est né lui-même à Barcelone, que Najat Vallaud-Belkacem a vu le jour au Maroc et Claude Bartolone en Tunisie. "Etre français, ce n'est pas une couleur de peau, ce n'est pas un lieu de naissance, c'est d'abord l'apprentissage de valeurs communes", a-t-il expliqué.

Le Premier ministre s'est ensuite rendu à la préfecture de Marseille pour présenter des résultats "encourageants" dans la lutte contre la délinquance, tout en se gardant de tout "triomphalisme".

Karine Lambin