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Valls: il existe "un apartheid territorial, social, ethnique" en France

Manuel Valls lors de ses vœux à la presse.

Manuel Valls lors de ses vœux à la presse. - Patrick Kovarik - AFP

En présentant ses voeux à la presse à l'hôtel Matignon, le Premier ministre Manuel Valls a estimé mardi qu'il existait en France "un apartheid territorial, social, ethnique".

Manuel Valls a défendu une nouvelle fois la liberté d'expression, mardi matin, lors de ses vœux à la presse. "Il ne faut pas réduire la France à un seul message. La France porte la liberté d'expression partout, mais elle défend aussi d'autres valeurs qui nous sont chères: la paix, le respect des convictions, le dialogue entre les religions", a déclaré le Premier ministre, alors que plusieurs manifestations anti-françaises se sont déroulées ces derniers jours dans le monde musulman.

Revenant sur les récents attentats qui ont endeuillé la France et sur les minutes de silence auxquelles certains jeunes ont refusé de participer, "ces derniers jours ont souligné beaucoup des maux qui rongent notre pays ou des défis que nous avons à relever", a déclaré le Premier ministre. "A cela, il faut ajouter toutes les fractures, les tensions qui couvent depuis trop longtemps et dont on parle peu (...) la relégation péri-urbaine, les ghettos, ce que j'évoquais en 2005 déjà, un apartheid territorial, social, ethnique, qui s'est imposé à notre pays ", a ajouté le locataire de Matignon.

Dans un livre d'entretiens avec Virgine Malabard, intitulé La laïcité en face (2005, Ed. Desclée de Brouwer), Manuel Valls, évoquant différents types de ségrégation, affirmait déjà: "J'ai même parfois parlé d'apartheid, car c'est vraiment le sentiment que l'on peut avoir dans certains endroits".

Celui qui était alors député de l'Essonne avait réutilisé ce vocable en 2009 lorsqu'il avait justifié sur Direct 8 des propos polémiques filmés dans un reportage. On l'y avait vu dire à un conseiller: "Belle image de la ville d'Evry. Tu me mets quelques Blancs, quelques White, quelques Blancos".

"La misère sociale"

Il a évoqué aussi "la misère sociale" à laquelle "s'additionnent les discriminations quotidiennes parce que l'on n'a pas le bon nom de famille, la bonne couleur de peau, ou bien parce que l'on est une femme".

"Il ne s'agit en aucun cas, vous me connaissez, de chercher la moindre excuse, mais il faut aussi regarder la réalité de notre pays", a ajouté le chef du gouvernement en soulignant "cette peur collective face au chômage de masse, au chômage de longue durée, au chômage des jeunes, face à la vie trop chère, au risque de déclin, à l'angoisse du déclassement individuel qui pousse au repli sur soi, à l'angoisse des parents pour l'avenir de leurs enfants".

"Je suis Charlie" n'est "pas le seul message de la France"

"Je suis Charlie", le slogan emblématique de soutien à la liberté d'expression après les attentats en France, "n'est pas le seul message de la France au monde", a également affirmé mardi Manuel Valls. "Il ne faut pas réduire la France à un seul message. La France porte la liberté d'expression partout, mais elle défend aussi d'autres valeurs qui nous sont chères: la paix, le respect des convictions, le dialogue entre les religions", a déclaré le Premier ministre, alors que plusieurs manifestations anti-françaises se sont déroulées ces derniers jours dans le monde musulman.

K. L. avec AFP