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Une journée de fracture entre l'Elysée et Matignon

Edouard Philippe et Emmanuel Macron le 30 octobre 2017 à L'Elysée.

Edouard Philippe et Emmanuel Macron le 30 octobre 2017 à L'Elysée. - LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

L'annonce par l'exécutif de la suppression définitive de la hausse des taxes sur le carburant pour 2019, révèle des fractures entre Matignon et l'Elysée.

Deux sons de cloche à quelques heures d'intervalle. Après l'annonce mercredi par Edouard Philippe d'une suspension de la hausse des taxes sur le carburant de six mois, l’Elysée a finalement assuré de leur suppression définitive pour l’année 2019, répondant aux demandes des gilets jaunes mais court-circuitant Matignon: "Je suis persuadé que le cap que nous avons fixé est le bon", assurait dans un premier Edouard Philippe à 15h avant d'annoncer la suspension des taxes devant l'Assemblée nationale.

Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron rectifiait le tir en affirmant de la suppression définitive de la hausse de ces taxes: "Comme ça il n'y a pas d'entourloupe. Le Président, je l'ai eu au téléphone il y a quelques minutes. Il m'a dit: 'les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait c'est une suspension mais hop ça reviendra après'", expliquait à 21h François de Rugy sur notre antenne.

Une première montée au front pour le Président de la République resté jusqu’ici loin des troubles et laissant Edouard Philippe en première ligne. Cette intervention apparaît comme un véritable désaveu pour le Premier ministre, quelques heures après son discours devant l'Assemblée nationale: "On a court-circuité Matignon. Et que se passe-t-il lorsqu’il y a un court-circuit ? Un fusible saute ! et le fusible, il s’appelle Edouard Philippe", assure l'éditorialiste Christophe Barbier jeudi matin sur le plateau de BFMTV.

De la friture entre l'Elysée et Matignon

Le sort d’Edouard Philippe semble lié au destin de Paris, qui s’attend à une nouvelle manifestation des gilets jaunes samedi. En cas de graves débordements, la place de l'ancien maire du Havre serait menacée: "Dans le meilleur des cas, il faudra un nouveau gouvernement avant les élections européennes. Dans le pire, avant Noël", assure au Figaro un proche du président de la République.

Officiellement, tout va bien entre Matignon et l'Elysée, qui assurait mercredi soir que les deux organes travaillaient "de concert". En coulisse pourtant, les relations semblent au plus mal entre Edouard Philippe et Emmanuel Macron qui estime que ce premier n'a "pas été assez présent", révèle Le Canard Enchaîné. Enfin, en apprenant le maintien de la fête d'anniversaire du Premier ministre samedi, quelques heures à peine après la fin des incidents sur les Champs Elysées, le Président aurait qualifié son Premier ministre de "branleur".

Guillaume Dussourt