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Remaniement et déchéance: Hollande défié de toutes parts

François Hollande

François Hollande - AFP

Après des semaines de débats enflammés, cette journée de mercredi est décisive pour la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande, qui prépare en outre un remaniement gouvernemental. Mais les temps sont durs pour le chef de l'Etat qui accumule les camouflets.

Entre le remaniement annoncé et le débat sur la révision constitutionnelle - déchéance de nationalité en tête - qui s'enlise, les temps sont durs pour François Hollande et Manuel Valls. Tour d'horizon des derniers camouflets pour l'exécutif.

> Remaniement: Aubry et Hulot disent "non" au gouvernement

L'impatience est plutôt parmi les ministres en poste qu'à l'extérieur. Pressentis respectivement au Quai d'Orsay et à l'Ecologie, Martine Aubry et Nicolas Hulot ont démenti avec une telle rapidité et force de conviction qu'il est peu probable que cela n'ait été que pure tactique.

"J'ai déjà dit et je redis que je ne souhaite pas" entrer au gouvernement, a réaffirmé Martine Aubry, dont les relations avec François Hollande sont apaisées contrairement à celles qu'entretient la maire de Lille avec Manuel Valls, voire Emmanuel Macron.

Nicolas Hulot avait lui remercié pour "la confiance" mais a préféré quitter son poste d'ambassadeur pour la planète à l'Elysée, après le beau final de la Cop21. En outre, il n'a pas fermé la porte à une éventuelle candidature à la présidentielle de 2017.

> Déchéance: la fronde des députés s'étend

Si l'inscription de l'état d'urgence dans la Constitution a connu un succès relatif à gauche, l'article 2 relevant de la déchéance de la nationalité ne passe toujours pas à gauche. Bien qu'adopté grâce à 119 voix du groupe socialiste, pas moins de 92 députés PS se sont opposés au projet défendu depuis plusieurs mois par François Hollande et Manuel Valls.

Et encore, selon Benoît Hamon, "beaucoup de collègues qui, sans être convaincus de l'importance d'inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution, n'ont pas voulu mettre le gouvernement encore plus dans l'embarras". "J'ai envie de dire au président de la République: la voie qui ramène à l'unité nationale, c'est l'abandon de ce texte. C'est mieux d'abandonner un texte qui divise", a-t-il poursuivi sur BFMTV.

D'autant plus que le soutien de l'opposition un temps acquis, semble de plus en plus fragile. Et que la tenue d'un Congrès à Versailles est de plus en plus incertaine.

> Déchéance: la fronde gagne le gouvernement

Globalement, les ministres du gouvernement Valls sont restés plutôt discrets sur la question, mis à part ceux missionnés pour défendre le texte. Mais les attaques ont été lancées par d'anciens ministres: Cécile Duflot a comparé le gouvernement à la "France de Vichy" quand Benoît Hamon et Aurélie Filippetti n'ont pas manqué une occasion de montrer leur désaccords.

Elles sont ensuite tout simplement venues de l'intérieur même du gouvernement. D'abord avec Christiane Taubira qui, malgré "sa loyauté" répétée à François Hollande, a fini par démissionner en raison de son "désaccord politique majeur" avec Manuel Valls. Mais la dernière salve est venue de Emmanuel Macron qui a confié sa gêne devant ce texte et jugé qu'on "ne traite pas le mal en l'expulsant de la communauté nationale".